Les portes coupe-feu participent au compartimentage d’un bâtiment. Leur rôle est de limiter, pendant une durée déterminée, la propagation du feu, des gaz chauds et, selon leur classement, de la chaleur entre différentes zones.

La conformité d’une porte coupe-feu ne dépend cependant pas uniquement de la porte elle-même. Le bloc-porte, sa quincaillerie, son dispositif de fermeture, son support et ses conditions de pose constituent un ensemble dont les performances doivent être justifiées.

Depuis le 27 mars 2026, les règles françaises d’évaluation et de justification de la résistance au feu sont encadrées par l’arrêté du 22 mars 2026 relatif aux performances de résistance au feu des produits, éléments de construction et d’ouvrages. Légifrance

Comment lire le classement d’une porte coupe-feu ?

Le classement européen de résistance au feu repose notamment sur la norme NF EN 13501-2.

Pour les portes et fermetures, plusieurs critères peuvent apparaître :

  • E : étanchéité au feu. La porte empêche le passage des flammes et des gaz chauds pendant la durée indiquée ;
  • I : isolation thermique. La porte limite l’élévation de température sur sa face non exposée au feu ;
  • EI : combinaison de l’étanchéité et de l’isolation thermique ;
  • EI₁ et EI₂ : deux niveaux correspondant aux conditions d’évaluation du critère d’isolation ;
  • C : aptitude à la fermeture automatique ;
  • S : étanchéité aux fumées, lorsque cette performance est requise.

La durée est exprimée en minutes. Une porte EI₂ 30, par exemple, satisfait aux critères E et I₂ pendant au moins 30 minutes dans les conditions prévues par son classement.

L’arrêté du 22 mars 2026 précise qu’une exigence réglementaire « coupe-feu » peut être satisfaite par un classement comportant les critères E et I, avec une durée au moins égale à celle exigée. Pour une porte EI₂, les parois et revêtements adjacents doivent en outre répondre à certaines conditions de réaction au feu dans une zone de 100 mm autour de la partie fixe. Légifrance

Les essais de résistance au feu des portes sont notamment réalisés selon la norme NF EN 1634-1, tandis que la classification des résultats relève de NF EN 13501-2. Afnor EDITIONS

NF EN 16034 : la norme produit des portes résistant au feu

La NF EN 16034 constitue aujourd’hui une référence essentielle. Elle concerne les blocs-portes pour piétons ainsi que certaines portes et fenêtres industrielles, commerciales ou de garage présentant des caractéristiques de résistance au feu et/ou d’étanchéité aux fumées.

Elle définit les exigences de performance applicables aux produits destinés notamment au compartimentage du feu et des fumées ou installés sur des voies d’évacuation. La norme est toujours en vigueur. Afnor EDITIONS

La performance d’une porte ne doit donc pas être appréciée uniquement au regard de l’épaisseur ou du matériau du vantail. Elle concerne un bloc-porte complet, comprenant notamment le vantail, le dormant, les joints et les éléments de quincaillerie prévus dans son domaine d’application.

L’arrêté du 22 mars 2026 prévoit par ailleurs que, lorsqu’un produit relève d’une spécification technique harmonisée, ses performances peuvent notamment être attestées par sa déclaration de performance et les informations relatives à son marquage CE et à ses conditions de mise en œuvre. Légifrance

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NF EN 1154 : les ferme-portes

La NF EN 1154, publiée en février 1997 et complétée par l’amendement A1, est toujours en vigueur. Elle concerne les dispositifs de fermeture avec amortissement destinés aux portes battantes actionnées manuellement. Afnor EDITIONS

La classification comprend six caractères correspondant notamment :

  1. à la catégorie d’utilisation ;
  2. à l’endurance ;
  3. à la force du ferme-porte ;
  4. à l’aptitude à équiper une porte résistant au feu ou étanche aux fumées ;
  5. à la sécurité des personnes ;
  6. à la résistance à la corrosion.

Un équipement destiné à une porte coupe-feu ou étanche aux fumées doit présenter le classement approprié pour cet usage.

Les charnières à ressort qui ne permettent pas une fermeture amortie ne relèvent pas du domaine de cette norme.

NF EN 1155 : les dispositifs de retenue électromagnétique

La NF EN 1155, publiée en juillet 1997 et complétée par l’amendement A1, reste également en vigueur. Elle concerne notamment les ventouses et dispositifs électromagnétiques permettant de maintenir une porte ouverte ou de lui permettre de fonctionner librement. Afnor EDITIONS

Lorsqu’une porte coupe-feu doit rester ouverte pour les besoins de l’exploitation, son maintien en position ouverte ne doit pas neutraliser sa fonction de compartimentage.

Le dispositif doit permettre la libération de la porte afin que celle-ci puisse se refermer lorsque les conditions prévues sont réunies. Selon le type de dispositif, le classement d’endurance peut notamment correspondre à 50 000 ou 500 000 cycles. Hoppe

Dans les ERP, les portes résistant au feu maintenues ouvertes pour des raisons d’exploitation doivent répondre aux règles relatives aux portes à fermeture automatique. L’article CO 47 prévoit également une signalisation indiquant de ne pas faire obstacle à leur fermeture. Légifrance

NF EN 1158 : les sélecteurs de vantaux

La NF EN 1158, publiée en avril 1997 et amendée en 2003, est toujours en vigueur. Elle concerne les dispositifs de sélection de vantaux installés sur les portes battantes à deux vantaux équipées de ferme-portes. Afnor EDITIONS

Ces équipements permettent de garantir que les vantaux se ferment dans le bon ordre. Cette fonction est indispensable sur certains blocs-portes à recouvrement : une fermeture dans le mauvais ordre peut empêcher la fermeture complète de la porte et compromettre sa performance en cas d’incendie.

Le règlement de sécurité des ERP prévoit d’ailleurs que les blocs-portes résistant au feu à deux vantaux équipés de ferme-portes disposent d’un dispositif assurant leur fermeture complète. Légifrance

Une porte coupe-feu ne doit jamais être considérée isolément

Installer une porte annoncée « coupe-feu 30 minutes » ne suffit pas à garantir que l’ouvrage offre réellement cette performance.

Il convient notamment de vérifier :

  • le classement du bloc-porte et la durée exigée ;
  • la compatibilité du dormant avec la paroi support ;
  • les dimensions autorisées par le classement ;
  • les ferme-portes, sélecteurs, serrures, paumelles et autres quincailleries ;
  • les éventuels vitrages et joints ;
  • la conformité de la pose aux prescriptions du fabricant et aux documents de classement ;
  • l’absence d’obstacle empêchant la fermeture ;
  • le bon fonctionnement des dispositifs de fermeture et de retenue.

Le nouvel arrêté de 2026 rappelle que les performances doivent pouvoir être justifiées par les documents prévus par la réglementation : déclaration de performance lorsque celle-ci est applicable, procès-verbal, rapport ou appréciation de laboratoire, extension de classement, avis de chantier ou autre justification réglementaire selon la situation. Légifrance

Les exigences précises dépendent ensuite de la destination du bâtiment et de sa configuration : lieux de travail, ERP, immeubles de grande hauteur, bâtiments d’habitation ou installations soumises à d’autres dispositions particulières. Le règlement ERP prévoit notamment des exigences spécifiques concernant le compartimentage, les caractéristiques des blocs-portes et leur fermeture automatique.

Damien BART

Damien BART pour INFORISQUE

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