La réunion du CODIR touche à sa fin.
Qualité : OK.
Sécurité : OK.
Résultats commerciaux : OK.
Puis arrive le sujet RSE…
Le DG explique : « Les clients commencent à demander davantage d’indicateurs ESG. Il faut structurer les données, répondre aux questionnaires, suivre les engagements. Et il faudrait aussi avancer sérieusement sur le bilan carbone. Bon… Qui prend le sujet ? »
Petit tour de table.
Le marketing ?
« La RSE ? Franchement, on n’y connaît pas grand-chose. On pourra communiquer dessus quand la démarche sera structurée. »
Les RH ?
« On contribue déjà sur le social, mais piloter toute la démarche ? On n’a clairement pas le temps. »
La finance ?
« On peut fournir des données, mais ce n’est pas vraiment chez nous. »
La direction des opérations ?
Regard très concentré sur l’ordre du jour.
Et puis, progressivement, les regards convergent vers la même personne.
Le responsable QHSE.
Après tout, il gère déjà l’environnement, les indicateurs, les plans d’actions, une partie de la conformité et connaît bien les différents sites.
« La RSE, ça pourrait être chez toi, non ? En plus la nouvelle version de l’ISO 9001 a un volet RSE non ?»
Et voilà.
La patate chaude vient de trouver son heureux propriétaire. Qui se dit qu’il aurait mieux fait de se taire quand il a parlé de la nouvelle version de l’ISO 9001 au boss…
Un nouveau périmètre, mais rarement une nouvelle équipe
La scène est volontairement caricaturale. À peine.
Car dans de nombreuses entreprises, les sujets QHSE, RSE et Carbone ont tendance à se rapprocher. Les indicateurs QSE et RSE sont notamment devenus des critères importants dans les relations avec certains clients. C’est par exemple l’un des enjeux rencontrés par certains de nos clients, qui devait répondre aux exigences ESG de ses clients tout en produisant des KPIs QHSE et RSE.
Et finalement, que la RSE atterrisse chez le responsable QHSE n’a rien d’absurde.
Il existe de nombreux points de convergence entre les démarches : collecte de données, indicateurs, plans d’actions, amélioration continue, conformité, environnement, implication des collaborateurs…
Le vrai problème n’est pas forcément de savoir chez qui mettre la RSE.
Le problème commence lorsque le périmètre augmente sans que les ressources, les outils et l’organisation évoluent avec lui.
Car pendant ce temps-là, la Qualité, la Sécurité et l’Environnement n’ont évidemment pas disparu.
Il faut toujours préparer les audits, suivre les non-conformités, gérer les plans d’actions, consolider les indicateurs, faire remonter les informations du terrain.
Et désormais, il faut également collecter des données RSE, produire de nouveaux KPIs, solliciter de nouveaux contributeurs et, parfois, intégrer la dimension Carbone.
Le mauvais réflexe : ajouter une couche supplémentaire
Face à cette nouvelle mission, la réponse la plus simple consiste souvent à créer un nouveau fichier Excel.
Puis un tableau de suivi.
Puis un processus de collecte RSE.
Puis un autre pour le Carbone.
Puis des relances par mail pour récupérer les données manquantes.
Oups !
Individuellement, chaque solution paraît raisonnable. Collectivement, elles finissent par créer une organisation dans laquelle une part croissante du temps est consacrée à chercher, collecter, contrôler, consolider et ressaisir la donnée.
Au détriment de ce qui devrait rester l’objectif : l’analyser, décider et agir.
Et si la RSE devenait l’occasion de mutualiser ?
L’arrivée de la RSE et du Carbone dans le périmètre QHSE peut au contraire être l’occasion de revoir l’organisation existante.
Plutôt que d’empiler les outils et les processus, l’enjeu est de chercher ce qui peut être mutualisé :
- centraliser les données QHSE, RSE et Carbone,
- simplifier leur collecte auprès des contributeurs,
- automatiser les relances et certains traitements,
- générer les indicateurs et tableaux de bord à partir des données collectées,
- alimenter les plans d’actions sans multiplier les ressaisies.
La question à poser lors du prochain CODIR n’est donc peut-être pas seulement : « Qui va prendre la RSE ? »
Mais plutôt : « Comment allons-nous absorber ce nouveau périmètre sans demander aux mêmes équipes de faire trois fois plus… ni trois fois la même chose ? »
Pour aller plus loin, découvrez comment mieux piloter QHSE, RSE et Carbone sans multiplier les outils et les silos :
Lire l’article « Piloter QHSE, RSE et Carbone » sur IZYPEO
Télécharger notre carnet d’expérience « réussir la digitalisation de ses processus QHSE».
Nathalie LABATE pour Izypeo
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