Le risque routier compte parmi les premières causes d’accidents mortels liés au travail. Comme tout risque professionnel, il doit être évalué par l’employeur et figurer dans le document unique (DUERP). Dans la pratique, il est souvent traité par réaction : un stage de conduite après un sinistre, une note de service sur le téléphone au volant, un rappel avant les départs en congés.

Ces mesures ne sont pas inutiles. Mais prises une à une, elles ne permettent pas de répondre à des questions simples : quels trajets exposent le plus les salariés ? Les actions menées ont-elles réduit les incidents ? Qui est responsable du suivi ?

Ce qu’apporte un cadre de management

Publiée en 2012, la norme ISO 39001 porte sur les systèmes de management de la sécurité du trafic routier (Road Safety Management System, RSMS). Elle reprend la structure des référentiels ISO 9001, 14001 ou 45001 : engagement de la direction, analyse des risques, objectifs mesurables, rôles définis, suivi et amélioration continue.

Son intérêt pour une entreprise tient moins à la certification qu’à la méthode. Une organisation peut s’en inspirer pour relier ses actions existantes sans viser d’audit externe. Pour celles qui disposent déjà d’un système certifié ISO 45001, la logique est familière et l’intégration plus simple.

Commencer par l’état des lieux

Avant de définir un plan d’actions, il faut savoir d’où l’on part.

Un état des lieux combine en général :

  • une revue documentaire (procédures, politique voyage, gestion de flotte) ;
  • des entretiens avec la direction, les managers et les conducteurs ;
  • des observations terrain ;
  • l’analyse des statistiques d’accidents et d’incidents.

La cartographie des risques en découle : types de trajets, horaires, véhicules utilisés, zones à risque. Elle permet de concentrer les efforts là où l’exposition est la plus forte, plutôt que de former tout le monde de la même façon.

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Clarifier les rôles

Un point revient souvent dans les diagnostics : la sécurité routière n’a pas de responsable identifié. Elle se partage entre les services RH, achats (flotte), QHSE et les managers opérationnels, sans coordination.

La démarche ISO 39001 impose de définir une politique, des objectifs, des rôles et un cadre de suivi. Une cartographie des parties prenantes, suivie d’un organigramme et d’un plan d’actions avec revue mensuelle, permet de sortir de cette dilution des responsabilités.

Avancer par étapes

Tout mettre en place d’un coup n’est pas nécessaire. Certains cabinets proposent désormais des accompagnements découpés en modules indépendants, activés selon la maturité de l’entreprise. Aegide International, par exemple, structure son offre en cinq dimensions réunies sous l’acronyme DRIVE :

  • Diagnostiquer : audits et évaluation des risques
  • Référencer : systèmes de management
  • Intégrer : conducteurs et managers
  • Valider : formation de formateurs
  • Entretenir : flotte et mobilité

Une entreprise peut ainsi commencer par le diagnostic et aller vers la certification plus tard, ou pas du tout.

Internaliser la formation

La formation des conducteurs reste un levier central, mais elle repose souvent sur des prestataires externes, avec des sessions espacées. Former des référents internes permet de maintenir les compétences dans la durée et d’adapter les contenus aux véhicules et trajets réels de l’entreprise.

Les approches de conduite défensive comportementale (defensive driving) reposent sur quelques principes communs : évaluer le conducteur, le véhicule et le trajet avant de partir ; balayer l’environnement à 360° ; anticiper ; adapter sa conduite ; communiquer avec les autres usagers ; prévoir une issue pour chaque situation à risque. Les contenus varient selon le véhicule : pression des pneus et remorquage pour les 4×4, marche arrière, guidage au sol et arrimage pour les poids lourds, angles morts et centre de gravité pour les bus.

En résumé

Structurer la sécurité routière ne demande pas de tout reconstruire. Il s’agit de relier les actions existantes, de les fonder sur un diagnostic et de leur attribuer un responsable et des indicateurs. L’ISO 39001 fournit le cadre ; le rythme dépend de chaque organisation.

Pour situer votre organisation, Aegide International propose un baromètre gratuit de maturité en sécurité routière : SafeDrive.

Bon questionnaire !

Elise MARIN

Elise MARIN pour AEGIDE INTERNATIONAL

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