Chariots élévateurs, ponts roulants, grues, nacelles ou accessoires de levage : tous ne sont pas soumis aux mêmes échéances de contrôle. Alors que l’Inspection du travail renforce ses contrôles en 2026, les entreprises ont intérêt à vérifier non seulement leurs dates de vérifications générales périodiques (VGP), mais aussi la qualité du suivi réalisé derrière.
Appareils de levage : une nouvelle campagne de contrôles en 2026
Depuis septembre 2026, l’Inspection du travail mène une nouvelle campagne nationale consacrée aux risques liés aux équipements de travail mobiles et de levage. Chariots automoteurs à conducteur porté, engins de terrassement ou encore tracteurs équipés d’un chargeur frontal font notamment partie des équipements ciblés.
L’objectif ne se limite pas à vérifier la présence de documents réglementaires. Les agents doivent également examiner la manière dont les risques sont réellement évalués et maîtrisés dans l’entreprise : circulation des engins et des piétons, conditions d’utilisation des équipements, autorisations de conduite ou encore vérifications générales périodiques.
Cette vigilance renforcée s’explique notamment par les constats réalisés lors de la précédente campagne menée en 2023-2024. Plus de 5 500 contrôles avaient alors été réalisés dans plus de 4 500 établissements, portant sur plus de 8 400 équipements mobiles servant au levage.
Les entreprises ont donc intérêt à profiter de cette nouvelle campagne pour revoir leur propre organisation, notamment en matière de vérification des appareils de levage.
VGP : quelle fréquence pour les appareils de levage ?
La vérification générale périodique, ou VGP, vise notamment à identifier les détériorations susceptibles de créer une situation dangereuse pendant l’utilisation d’un équipement.
La périodicité dépend cependant du type d’appareil et de son usage.
Pour de nombreux appareils de levage, la VGP doit être réalisée tous les douze mois. C’est notamment le cas de certains équipements installés à demeure comme les ponts roulants ou de nombreux appareils utilisés pour le levage de charges.
Une périodicité de six mois s’applique en revanche à plusieurs catégories d’équipements mobiles ou destinés à l’élévation de personnes. Sont notamment concernés les chariots élévateurs, certaines grues mobiles, les grues auxiliaires de chargement, les hayons élévateurs, les monte-matériaux de chantier ou encore les plateformes élévatrices mobiles de personnes.
Enfin, certains appareils mus directement par la force humaine et utilisés pour déplacer en élévation un poste de travail doivent faire l’objet d’une vérification tous les trois mois.
Les accessoires de levage tels que les élingues, palonniers, pinces, aimants ou ventouses sont quant à eux soumis à une vérification périodique annuelle.
Une VGP à jour ne suffit pas toujours
Pour les équipes HSE, suivre les échéances dans un tableau constitue une première étape, mais cela ne garantit pas à lui seul la maîtrise du risque.
Lors de la campagne précédente, l’Inspection du travail avait notamment relevé des vérifications absentes, incomplètes ou des observations qui n’avaient pas toujours été suivies d’actions correctives.
Une VGP doit donc être considérée comme un outil de prévention et non comme une simple formalité administrative.
Après chaque vérification, le rapport mérite d’être analysé précisément. Les anomalies relevées doivent être qualifiées, les éventuelles réparations engagées et leur réalisation tracée. Lorsqu’un défaut remet en cause la sécurité de l’équipement, celui-ci ne doit pas continuer à être utilisé dans les mêmes conditions jusqu’à correction.
L’entreprise doit également être capable de retrouver facilement les rapports précédents, le carnet de maintenance et les informations permettant d’identifier clairement chaque appareil.
Vérifier l’équipement, mais aussi ses conditions d’utilisation
La prévention des accidents liés au levage ne repose pas uniquement sur l’état mécanique de l’équipement.
Un appareil conforme et correctement vérifié peut toujours être impliqué dans un accident s’il est utilisé dans un environnement mal maîtrisé.
L’évaluation des risques doit donc intégrer les conditions réelles d’utilisation : présence de piétons, marches arrière, visibilité du conducteur, état des sols, pentes, stabilité des charges, zones de manœuvre ou encore contraintes particulières liées au site.
La compétence du conducteur constitue également un point de vigilance. Les travailleurs amenés à utiliser des équipements mobiles automoteurs ou certains appareils de levage doivent avoir reçu une formation adaptée. Pour les équipements concernés, l’employeur doit également s’assurer que les conditions nécessaires à la délivrance d’une autorisation de conduite sont réunies.
La situation des salariés intérimaires ou peu expérimentés mérite une attention particulière. Une autorisation ou une formation ne dispense pas d’une information adaptée aux particularités du site, aux circulations, aux consignes internes et aux risques réellement rencontrés lors de la prise de poste.
La campagne 2026 rappelle ainsi une logique essentielle de prévention : vérifier les appareils de levage est indispensable, mais la sécurité dépend aussi de ce qui est fait des résultats de ces vérifications et de la manière dont les équipements sont réellement utilisés sur le terrain.
Pour aller plus loin :
Damien BART pour INFORISQUE
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