On pense souvent au tabac, à l’alcool, à l’alimentation ou aux expositions professionnelles lorsqu’on parle de prévention des cancers, mais le mouvement a lui aussi un rôle à jouer. L’activité physique régulière est aujourd’hui associée à une diminution du risque de plusieurs cancers, tandis que la sédentarité constitue un enjeu de santé à part entière. Un sujet qui concerne aussi directement le monde du travail.
Lorsqu’on parle de prévention des cancers en entreprise, les premières préoccupations sont légitimement liées aux expositions professionnelles : produits chimiques, poussières, rayonnements, travail de nuit ou encore certaines substances cancérogènes. Mais certains facteurs liés aux modes de vie sont également à prendre en compte. Parmi eux, l’activité physique et la sédentarité occupent une place croissante dans les recommandations de santé publique.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît ainsi que l’activité physique contribue à prévenir et à prendre en charge plusieurs maladies non transmissibles, dont certains cancers. Les recommandations européennes de l’International Agency for Research on Cancer (IARC), l’agence spécialisée de l’OMS dans la recherche sur le cancer, invitent quant à elles à être physiquement actif au quotidien et à limiter le temps passé assis.
Activité physique et cancer : un lien désormais bien documenté
Les données scientifiques montrent une association entre un niveau plus élevé d’activité physique et un risque plus faible de développer plusieurs cancers.
Une vaste étude portant sur 1,44 million d’adultes a également observé qu’un niveau élevé d’activité physique de loisir était associé à un risque plus faible pour 13 types de cancers, notamment les cancers du sein, du côlon, de l’endomètre, du rein et de la vessie.
Plus récemment, une étude prospective menée par l’IARC et publiée en 2026 a retrouvé une association entre des niveaux plus élevés d’activité physique et un risque plus faible pour un ensemble de 15 cancers liés à l’activité physique.
Ces résultats ne signifient évidemment pas que l’activité physique permet d’éviter tous les cancers (le cancer est une maladie multifactorielle, et de nombreux facteurs interviennent dans son apparition) mais ils montrent que bouger régulièrement constitue bien un des leviers sur lesquels il est possible d’agir.
Activité physique et sédentarité : deux sujets différents
Un point mérite particulièrement d’être rappelé : activité physique et sédentarité ne sont pas deux notions opposées.
L’activité physique correspond à tout mouvement corporel produit par les muscles et entraînant une dépense d’énergie. Elle peut prendre la forme d’un sport, mais aussi de la marche, du vélo, des déplacements quotidiens, d’activités domestiques ou professionnelles.
La sédentarité désigne quant à elle les périodes prolongées passées en position assise, allongée ou debout statique pendant les périodes d’éveil.
On peut donc faire du sport plusieurs fois par semaine et rester très sédentaire le reste du temps.
Cette distinction est particulièrement importante dans le monde professionnel. Une personne peut pratiquer une heure de sport le soir et pourtant passer sept ou huit heures assise devant un ordinateur pendant sa journée de travail.
Les recommandations européennes de l’IARC soulignent d’ailleurs que le comportement sédentaire peut constituer un facteur de risque indépendamment du niveau d’activité physique. Elles recommandent donc à la fois d’augmenter l’activité physique et de limiter le temps passé assis.
Pourquoi l’activité physique pourrait-elle influencer le risque de cancer ?
Les mécanismes biologiques sont multiples et encore étudiés. L’activité physique peut notamment agir sur plusieurs processus impliqués dans le développement de certains cancers : régulation de la glycémie et de l’insuline, hormones sexuelles, inflammation, fonctionnement du système immunitaire ou encore composition corporelle.
L’IARC souligne également que ces mécanismes sont complexes et qu’ils ne sont pas complètement élucidés à ce jour. Le message scientifique est donc le suivant : un niveau suffisant d’activité physique est associé à une diminution du risque de plusieurs cancers et fait partie des comportements favorables à la santé.
Et la sédentarité dans tout ça ?
La sédentarité est aujourd’hui considérée comme un enjeu de santé publique.
L’OMS indique qu’une sédentarité excessive peut augmenter le risque de plusieurs maladies, notamment cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de certains cancers. Elle recommande donc de limiter le temps sédentaire et d’augmenter son niveau d’activité physique.
Les travaux de l’Anses vont également dans ce sens. Une analyse de la littérature portant sur plusieurs millions de participants a notamment retrouvé une association entre des niveaux élevés de sédentarité et une incidence plus importante de certains cancers, notamment du côlon, de l’endomètre et du poumon.
Pour autant, les relations entre sédentarité et cancer sont complexes et peuvent être influencées par de nombreux facteurs. Ce qui est désormais clair, c’est qu’il est bénéfique de chercher à être davantage actif et à réduire les périodes prolongées passées assis.
Le travail : un terrain d’action évident
Pour de nombreux salariés, l’organisation du travail peut parfois favoriser de longues périodes sans mouvement : travail sur écran, réunions, déplacements en voiture, appels téléphoniques… Cela fait de l’entreprise un terrain intéressant pour agir en prévention.
De petites évolutions peuvent contribuer à remettre du mouvement dans la journée :
- marcher pendant certains appels téléphoniques ;
- proposer des réunions en marchant lorsque cela est possible ;
- favoriser les déplacements à pied ou à vélo ;
- prendre les escaliers ;
- alterner les périodes assises et debout ;
- interrompre régulièrement les périodes prolongées en position assise ;
- intégrer de courtes pauses actives ;
- aménager les espaces de travail pour favoriser les déplacements ;
- donner davantage de possibilités aux salariés d’être actifs dans leur quotidien.
Pas besoin d’être sportif pour bouger davantage
C’est probablement l’un des messages les plus importants à faire passer : bouger davantage ne signifie pas nécessairement faire davantage de sport.
L’OMS rappelle que toute activité physique compte : elle peut être pratiquée dans le cadre du travail, des déplacements, des loisirs, du sport ou des tâches quotidiennes. Elle recommande chez l’adulte au moins 150 à 300 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine, ou 75 à 150 minutes d’activité d’intensité soutenue, ainsi que des activités de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine.
Mais ces recommandations ne doivent pas devenir une nouvelle source de culpabilisation : toute quantité d’activité physique vaut mieux que rien, et remettre progressivement du mouvement dans son quotidien peut constituer une première étape. La répétition de petits changements peut contribuer à faire évoluer les habitudes.
Et lorsque le cancer est déjà là ?
Le mouvement ne concerne pas uniquement la prévention primaire.
L’activité physique peut également avoir une place pendant et après les traitements contre le cancer, avec une pratique adaptée à la situation de la personne et aux éventuelles contre-indications médicales.
L’Institut national du cancer recommande notamment, dès le diagnostic, de maintenir ou de reprendre une activité physique régulière adaptée. Les bénéfices recherchés concernent notamment la condition physique, la qualité de vie et la limitation du déconditionnement.
Il est toutefois essentiel de préciser que l’activité physique ne constitue pas un traitement du cancer et ne remplace en aucun cas les traitements médicaux.
Pour les entreprises, cette dimension peut néanmoins avoir toute sa place dans les démarches d’accompagnement des salariés concernés par la maladie, notamment autour du maintien dans l’emploi, du retour au travail et de la qualité de vie.
Sensibiliser autrement avec La Fresque du Mouvement
Si l’on veut agir sur la sédentarité en entreprise, encore faut-il permettre aux salariés de comprendre ce qu’elle recouvre réellement.
C’est l’objectif de La Fresque du Mouvement, un atelier de sensibilisation qui permet aux participants de mieux comprendre les mécanismes liés à la sédentarité et à l’inactivité physique, leurs conséquences sur la santé et les leviers permettant de remettre davantage de mouvement dans leur quotidien. L’approche est volontairement collective et non culpabilisante.
Il ne s’agit pas de dire aux participants qu’ils doivent devenir sportifs, mais de les amener à se demander : « Comment puis-je mettre un peu plus de mouvement dans ma journée ? »
L’atelier permet également de réfléchir aux freins qui nous empêchent de bouger : organisation du travail, habitudes, environnement, manque de temps, fatigue, regard des autres… Une manière d’aborder le mouvement non pas comme une injonction individuelle supplémentaire, mais comme un sujet de prévention et de santé collective.
En octobre, 5 % des commandes reversés au Fonds de dotation de l’ICO
À l’occasion d’Octobre Rose, La Fresque du Mouvement souhaite aller plus loin dans son engagement en faveur de la lutte contre le cancer.
Pendant tout le mois d’octobre, 5 % du montant des Fresques du Mouvement commandées seront reversés à Persévérance, le Fonds de dotation de l’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO). Une façon de créer un lien concret entre deux enjeux : sensibiliser aux bienfaits du mouvement et soutenir la lutte contre le cancer.
La prévention des cancers repose sur de nombreux leviers. Elle passe notamment par la réduction de certaines expositions, l’arrêt du tabac, la limitation de l’alcool, une alimentation équilibrée, mais aussi par une activité physique régulière et la réduction de la sédentarité.
À l’échelle d’une entreprise, il n’est pas nécessaire de tout révolutionner pour commencer : une réunion en marchant, quelques minutes d’étirement, un déplacement à pied ou à vélo, une pause active collective, une action de sensibilisation. Parce qu’en matière de mouvement aussi, chaque pas compte.
N’hésitez pas à télécharger notre livre blanc “9 clés pour remettre du mouvement dans la vie de vos collaborateurs” sur la page “Ressources” de notre site internet : https://fresquedumouvement.org/.
Si vous souhaitez organiser une Fresque du Mouvement dans votre organisation, contactez-nous.
Maëlle RANQUET pour LA FRESQUE DU MOUVEMENT
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