Chantiers en extérieur, quais de chargement, entrepôts frigorifiques, chambres froides… Avec l’arrivée de l’hiver, de nombreux salariés travaillent dans le froid. On pense d’abord aux engelures ou au rhume. Mais le froid a aussi un effet moins visible : il augmente le risque de troubles musculosquelettiques (TMS). Chez My Ostéo Prévention, c’est une réalité que nos formateurs rencontrent sur le terrain chaque hiver. Voici comment le comprendre et surtout comment agir.

Qui est concerné ?

Selon l’INRS, de nombreuses situations exposent au froid, qu’il soit naturel ou artificiel :

  • Le travail en extérieur en hiver : BTP, transports, travaux agricoles 
  • Le travail en ambiance froide : chambres froides, entrepôts frigorifiques, locaux climatisés 
  • Certaines conditions particulières, comme le travail en altitude

L’INRS fixe un repère simple : en dessous de 5 °C, la vigilance s’impose. Entre 5 et 15 °C, les risques directs sont plus faibles, mais le froid peut déjà provoquer des frissons, des engourdissements et des risques indirects, dont la survenue de TMS. Le vent et l’humidité aggravent encore la sensation de froid.

Pourquoi le froid favorise les TMS

Les TMS sont des atteintes des muscles, des tendons et des nerfs, qui se traduisent surtout par des douleurs aux articulations : épaules, coudes, poignets, dos. L’INRS classe le froid parmi les facteurs de risque de TMS liés aux « ambiances physiques de travail », aux côtés des vibrations et du bruit. Plusieurs mécanismes l’expliquent.

Les mains perdent en dextérité. Le froid diminue la précision des gestes. Pour compenser, on serre plus fort les outils et les objets. Cet effort supplémentaire, répété toute la journée, sollicite davantage les tendons de la main, du poignet et du coude.

Les gants, indispensables, ont aussi un effet. L’INRS rappelle que des gants non adaptés réduisent la sensibilité et la dextérité, et augmentent la force à exercer pour tenir un outil. Le bon gant est donc un compromis entre protection et précision.

Le corps se fatigue plus vite. Pour maintenir sa température, l’organisme dépense plus d’énergie. Cette fatigue accrue rend les gestes moins précis et les postures moins maîtrisées.

On ne s’habitue pas au froid. Contrairement à la chaleur, l’INRS précise qu’il n’existe pas de période d’acclimatation au froid. Compter sur « l’habitude » ne protège donc pas vos équipes.

Le froid n’agit jamais seul. Il s’ajoute aux autres facteurs de risque déjà présents sur le poste : gestes répétitifs, port de charges, postures contraignantes. C’est ce cumul qui fait grimper le risque.

Un risque d’accident qui augmente aussi

Le froid favorise également les accidents du travail. L’INRS cite notamment :

  • Les sols glissants, à l’intérieur comme à l’extérieur 
  • Le contact avec des surfaces métalliques froides 
  • La perte de dextérité et de sensibilité au toucher 
  • La fatigue liée à une dépense d’énergie plus importante 
  • Les difficultés à se déplacer dans la neige, à pied ou en voiture

Que dit la réglementation ?

Le Code du travail ne fixe aucune température minimale. L’employeur a en revanche une obligation générale de protéger la santé et la sécurité de ses salariés (article L. 4121-1). Concrètement, il doit :

  • Prendre en compte les conditions de température dans l’évaluation des risques, donc dans votre document unique (DUERP) 
  • Aménager les postes extérieurs pour protéger, dans la mesure du possible, les salariés des conditions climatiques (article R. 4225-1) 
  • Chauffer les locaux fermés pendant la saison froide (article R. 4223-13)

Comment protéger vos équipes cet hiver

L’INRS propose une démarche par ordre de priorité.

1. Éviter ou limiter l’exposition. C’est la mesure la plus efficace : réduire le temps passé au froid et limiter le travail statique dans le froid.

2. Aménager les postes et les locaux. Mettre à disposition un local de pause chauffé (sans être surchauffé) pour boire chaud et faire sécher ses vêtements. Prévoir des aides à la manutention pour réduire l’effort physique et la transpiration. Isoler les surfaces métalliques et choisir des sols antidérapants.

3. Organiser le travail. Planifier les tâches extérieures selon la météo. Prévoir des pauses adaptées et un temps de récupération après une exposition à des températures très basses. Limiter le port de charges répétitif ou, à défaut, travailler en binôme.

4. Équiper correctement. Plusieurs couches de vêtements valent mieux qu’un seul vêtement épais. La tête et les mains doivent être protégées, avec des chaussures antidérapantes et isolantes.

5. Informer et former. Sensibiliser les salariés aux risques du froid, sans oublier les nouveaux arrivants et les intérimaires, et proposer des formations adaptées aux postes.

Préparer le corps avant l’effort

Ces mesures agissent sur l’environnement. Il reste un levier souvent oublié : le corps du salarié lui-même. Commencer une journée de manutention dans le froid, avec des muscles et des articulations qui n’ont pas été préparés, c’est démarrer « à froid » au sens propre.

C’est tout l’intérêt de l’éveil musculaire, une méthode que nous enseignons chez My Ostéo Prévention. Il s’agit d’une routine de 10 mouvements, réalisable en 5 minutes à la prise de poste et adaptée à tous les salariés. Elle se compose de 8 mouvements qui réveillent les capteurs proprioceptifs (les capteurs qui informent le cerveau sur la position du corps), d’un exercice de montée en température, puis d’un étirement. L’objectif : préparer le corps à l’effort pour éviter les blessures au moment de la prise de poste.

Dans la journée, les pauses actives prennent le relais. Ce sont des gestes compensatoires de 2 à 3 minutes, qui soulagent une zone du corps très sollicitée. Elles sont particulièrement utiles pour les mains, les poignets et les épaules, mis à rude épreuve quand on serre plus fort ses outils à cause du froid.

Ces routines ne remplacent pas les mesures collectives. Elles les complètent, en donnant à chaque salarié des outils simples à utiliser au quotidien.

Ce que My Ostéo Prévention vous propose

Depuis 2014, notre réseau d’ostéopathes, de kinésithérapeutes et d’ergonomes IPRP (intervenants en prévention des risques professionnels) accompagne les entreprises pour agir à la source des TMS. Plusieurs de nos offres répondent aux enjeux du travail au froid.

Nos sensibilisations terrain. En formats courts, elles intègrent la pratique de l’éveil musculaire et des pauses actives. Elles sont éligibles aux aides FIPU.

Nos formations. Elles permettent d’aller plus loin, avec une démarche d’éveil musculaire complète : formation des collaborateurs, de salariés référents qui animent la routine au quotidien et, si vous le souhaitez, des encadrants. Avec une visite sur poste, nos formateurs peuvent aussi créer des pauses actives propres à vos métiers. Nos formations peuvent être financées par votre OPCO.

Nos études ergonomiques de poste. Nos ergonomes IPRP analysent vos situations de travail réelles (postures, organisation, matériel) et vous remettent des préconisations concrètes, pour réduire les contraintes à la source.

Passez à l’action avant les premiers grands froids

Le froid ne se décrète pas, mais ses effets se préviennent. En combinant des mesures collectives et des outils simples pour chaque salarié, vous protégez durablement la santé de vos équipes tout au long de l’hiver. Vous souhaitez mettre en place une démarche adaptée à vos métiers ? Contactez-nous !

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Morgane TOSTO

Morgane TOSTO pour My Ostéo Prévention

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