Le passage à l’heure d’hiver, dans la nuit du 24 au 25 octobre 2026, remet le sommeil au cœur de l’actualité. Si nous gagnons une heure sur nos horloges, notre organisme doit parfois retrouver ses repères. Dans le monde professionnel, où fatigue, vigilance et récupération influencent directement la santé et la sécurité, cette période constitue une occasion de s’interroger : accordons-nous suffisamment d’importance au sommeil dans nos démarches de prévention ?
Dans le sport de haut niveau, le sommeil occupe une place essentielle dans la préparation et la récupération des athlètes. Les travaux de l’INSEP permettent de mieux comprendre ses fonctions et d’en tirer des enseignements utiles pour le monde du travail.
Changement d’heure : notre horloge biologique ne se règle pas instantanément
Le dimanche 25 octobre 2026, nous sommes passés à l’heure d’hiver. À 3 heures du matin, il était de nouveau 2 heures.
Cette modification peut sembler anodine, mais notre organisme possède une horloge biologique interne qui ne se synchronise pas automatiquement avec nos montres.
Le rythme circadien, d’environ 24 heures, intervient dans la régulation du sommeil, de la vigilance, de la température corporelle et de nombreuses fonctions physiologiques.
Il est notamment influencé par la lumière naturelle et la régularité des horaires.
Selon l’Inserm, les perturbations de l’horloge biologique peuvent affecter différents mécanismes physiologiques et contribuer à des troubles du sommeil.
Le passage à l’heure d’hiver est généralement mieux toléré que celui à l’heure d’été. Il peut néanmoins perturber temporairement les habitudes, notamment chez les personnes dont le sommeil est déjà fragile.
Cette période mérite une attention particulière dans les entreprises où les salariés travaillent en horaires décalés, de nuit ou selon des plannings variables.
Ce que le sport de haut niveau nous apprend sur le sommeil
Dans une vidéo pédagogique de l’INSEP consacrée au sommeil, Mathieu Nédélec, chercheur en sciences du sport au laboratoire Sport, Expertise et Performance de l’INSEP, explique pourquoi le sommeil constitue une stratégie majeure de récupération chez le sportif de haut niveau.
Pour un athlète, la disponibilité à l’entraînement est indispensable à la progression.
Il ne suffit pas d’accumuler les séances : il faut pouvoir récupérer entre les efforts.
Le sommeil favorise cette récupération et contribue aux adaptations physiologiques recherchées.
Comprendre les cycles du sommeil
Le sommeil est organisé en cycles successifs, d’une durée moyenne d’environ 90 minutes, même si celle-ci varie selon les individus et au cours de la nuit.
Ces cycles comprennent plusieurs stades.
Le sommeil lent léger participe à l’organisation générale du sommeil.
Le sommeil lent profond est particulièrement associé à la récupération physique. Il correspond notamment à une période importante de sécrétion de l’hormone de croissance, qui intervient dans les mécanismes de réparation et d’adaptation des tissus.
Le sommeil paradoxal participe notamment à la régulation émotionnelle et à différents processus cognitifs.
Ces fonctions sont complémentaires : un sommeil de qualité dépend de l’ensemble de ces stades, de leur succession et de la continuité des cycles.
Il ne suffit donc pas de compter les heures passées au lit. La qualité du sommeil joue également un rôle essentiel.
Le manque de sommeil peut-il augmenter les risques professionnels ?
Mathieu Nédélec souligne les conséquences possibles d’un sommeil insuffisant sur les capacités psychomotrices.
Chez le sportif, la fatigue peut entraîner un allongement des temps de réaction et une altération de la prise de décision.
Ces modifications peuvent perturber la réalisation de gestes techniques et contribuer à augmenter certains risques de blessure.
Dans le monde du travail, ces mécanismes méritent une attention particulière.
Un conducteur doit maintenir une vigilance constante.
Un opérateur industriel doit parfois réagir rapidement à une situation imprévue.
Un professionnel de santé doit prendre des décisions tout en gérant des contraintes physiques et émotionnelles.
Un salarié du tertiaire doit maintenir sa concentration malgré des sollicitations multiples.
Dans chacune de ces situations, un manque de sommeil peut influencer la qualité de l’attention et la disponibilité cognitive.
L’INRS souligne les risques liés aux horaires atypiques, notamment la somnolence, la dette de sommeil et les conséquences possibles sur la sécurité.
La fatigue ne doit donc pas être considérée comme un simple inconfort individuel. Elle constitue un facteur à intégrer dans l’évaluation des risques professionnels.
Sommeil, récupération physique et troubles musculosquelettiques
Les troubles musculosquelettiques (TMS) représentent un enjeu majeur de prévention dans de nombreux secteurs professionnels.
Ils sont associés à des facteurs multiples : contraintes biomécaniques, répétitivité, efforts importants, organisation du travail et facteurs psychosociaux.
Le sommeil n’est pas une solution directe à ces contraintes.
En revanche, il participe aux processus de récupération physique et peut influencer la perception de la douleur, la fatigue et la disponibilité de l’organisme.
Un salarié confronté à des manutentions répétées ou à une activité physique exigeante doit pouvoir bénéficier de périodes de récupération suffisantes.
Le manque de sommeil peut accentuer la sensation de fatigue et compliquer la gestion quotidienne des efforts.
Il est donc pertinent d’intégrer cette dimension dans une approche globale de prévention, en complément des aménagements ergonomiques et organisationnels.
Les entreprises peuvent notamment associer les actions de sensibilisation au sommeil à leurs formations en gestes et postures et prévention des TMS.
L’objectif n’est pas de demander aux salariés de compenser par une meilleure hygiène de vie des conditions de travail inadaptées, mais de développer une prévention cohérente, agissant à la fois sur les contraintes professionnelles et sur les capacités de récupération.
Travail de nuit et horaires décalés : des risques spécifiques
Dans les établissements de santé, l’industrie, la logistique, les transports ou l’hôtellerie, le travail en horaires atypiques est fréquent.
Les salariés peuvent être amenés à travailler la nuit, très tôt le matin ou selon des rotations successives.
Ces organisations peuvent perturber les rythmes biologiques.
Dormir pendant la journée est parfois plus difficile, en raison de la lumière, du bruit, des contraintes familiales ou des sollicitations extérieures.
Le sommeil peut alors devenir plus court ou plus fragmenté.
L’INRS recommande d’agir sur l’organisation des horaires, la prévisibilité des plannings, les possibilités de repos et la prévention de la somnolence.
Ces mesures doivent être construites en fonction des contraintes de l’activité et des besoins des salariés.
La prévention ne peut donc pas se limiter à diffuser des conseils individuels.
Elle doit également interroger l’organisation du travail et les conditions permettant aux salariés de récupérer.
Sept recommandations pour favoriser un sommeil de qualité
Les conseils présentés par Mathieu Nédélec dans la vidéo de l’INSEP peuvent être adaptés à la vie quotidienne, tout en tenant compte des contraintes professionnelles.
1. Viser une durée de sommeil suffisante
Pour la plupart des adultes, sept à neuf heures de sommeil par nuit constituent un repère général.
Les besoins varient selon les individus. La sensation de récupération et la vigilance pendant la journée sont également importantes.
2. Préserver des horaires réguliers
La régularité des heures de coucher et surtout de lever contribue à stabiliser l’horloge biologique.
Après le changement d’heure, conserver des repères cohérents peut faciliter l’adaptation.
3. Favoriser un environnement calme et sombre
Une chambre suffisamment sombre, calme et relativement fraîche favorise le repos.
L’INSEP évoque notamment une température comprise entre 18 et 20 °C, à adapter au confort de chacun.
4. Préparer progressivement le coucher
Un rituel de sommeil peut aider à réduire les stimulations avant l’endormissement.
Lecture, respiration calme ou relaxation peuvent être intégrées à cette période de transition.
5. Anticiper les périodes exigeantes
Dans le sport de haut niveau, une augmentation du temps disponible pour dormir peut être envisagée avant une compétition.
Dans l’entreprise, l’enseignement principal consiste à anticiper les périodes de forte sollicitation et à préserver autant que possible les possibilités de récupération.
6. Utiliser ponctuellement une courte sieste
Une sieste de 10 à 20 minutes peut contribuer à améliorer la vigilance.
L’INRS présente la micro-sieste comme une piste de prévention intéressante dans certains contextes de travail, sous réserve de conditions adaptées.
7. Identifier les signes d’un sommeil insuffisant
Fatigue persistante, somnolence excessive, difficultés de concentration ou réveils non réparateurs doivent être pris au sérieux.
En cas de troubles réguliers, un avis médical peut être nécessaire.
Comment intégrer le sommeil dans une politique de prévention ?
Le sommeil est encore trop souvent considéré comme une question relevant exclusivement de la vie privée.
Pourtant, certaines caractéristiques du travail peuvent influencer directement les possibilités de récupération.
Une démarche de prévention peut commencer par une analyse des situations professionnelles : horaires, durée des postes, contraintes physiques, charge mentale, déplacements et possibilités de repos.
Elle peut ensuite intégrer plusieurs actions complémentaires :
- Sensibiliser les salariés, en expliquant les mécanismes du sommeil et les conséquences de la fatigue sur la vigilance.
- Former les managers, afin de mieux identifier les situations de surcharge et les risques liés à la somnolence.
- Adapter les organisations, lorsque cela est possible, pour améliorer la prévisibilité des horaires et préserver les temps de récupération.
- Associer sommeil, stress et prévention physique, dans des programmes plus globaux de santé au travail.
- Enfin, évaluer les effets des actions engagées, afin de vérifier leur pertinence et de les adapter aux réalités de terrain.
Ces mesures doivent s’inscrire dans une démarche collective de prévention des risques professionnels, en lien avec les acteurs de la santé au travail.
Du sport de haut niveau à l’entreprise : une autre vision de la performance durable
Dans le sport de haut niveau, la performance ne dépend pas uniquement de l’intensité des entraînements.
Elle repose également sur la capacité à récupérer et à maintenir un équilibre entre les efforts et les périodes de repos.
Cette réflexion est particulièrement pertinente pour les entreprises.
Un salarié ne peut pas mobiliser durablement ses capacités physiques et cognitives sans conditions de récupération adaptées.
Il ne s’agit pas de comparer directement les exigences d’un athlète olympique à celles d’un salarié, mais de reconnaître des besoins physiologiques communs.
C’est cette approche qui inspire notamment les interventions de Cinésis Solutions Prévention Santé, organisme de formation spécialisé dans la prévention santé en entreprise.
Fondé par un kinésithérapeute-ostéopathe issu du sport de haut niveau, Cinésis associe l’expertise des professionnels de santé, les connaissances scientifiques et les réalités des situations de travail.
Les accompagnements peuvent comprendre un diagnostic préalable, des ateliers adaptés aux métiers, des recommandations individualisées et des points de suivi à deux et six mois.
Le sommeil et la récupération peuvent être abordés en complément des actions de prévention des TMS, de la sédentarité et du stress.
Pour approfondir ces thématiques :
- Découvrir les formations et accompagnements Cinésis
- Gestion du stress au travail : les apports du sport de haut niveau
- Cinésis Solutions Prévention Santé
Conclusion : faire de la récupération un véritable levier de prévention
Le passage à l’heure d’hiver constitue une occasion de rappeler l’importance de notre horloge biologique.
Les enseignements présentés par Mathieu Nédélec à l’INSEP montrent combien le sommeil contribue à la récupération, à la vigilance et aux capacités d’adaptation.
Dans le monde professionnel, ces connaissances invitent à dépasser une vision de la prévention centrée uniquement sur les gestes, les postures ou les équipements.
Le sommeil mérite également d’être intégré aux réflexions sur la santé et la sécurité au travail.
Car préserver durablement la santé des salariés, c’est aussi leur permettre de récupérer suffisamment pour faire face aux exigences de leur activité.
Vous souhaitez sensibiliser vos collaborateurs aux enjeux du sommeil, de la récupération et de la prévention de la fatigue au travail ?
Chez Cinésis Solutions Prévention Santé, nous proposons des conférences, des ateliers et des accompagnements sur mesure, adaptés aux problématiques de votre entreprise.
Pour échanger sur vos besoins ou organiser une intervention, n’hésitez pas à nous contacter ou à découvrir nos solutions sur www.cinesis.fr.
Pour aller plus loin, découvrez notre article sur le sommeil et la performance au travail, et comment les enseignements du sport de haut niveau peuvent contribuer à améliorer durablement la santé et la récupération des salariés.
Johann DIVARET pour Cinésis Solutions Prévention Santé
Échangez avec vos pairs, partagez vos retours d’expérience, posez vos questions et développez votre réseau au sein de la plus grande communauté Santé & Sécurité au Travail de France.
Découvrir
Chaque semaine, recevez gratuitement la newsletter d’Inforisque, avec une sélection d’actualités, de guides, de webinaires et d’événements pour enrichir votre veille en santé et sécurité au travail.
S'abonner