Visite managériale de sécurité : 5 erreurs à éviter

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La visite managériale de sécurité est une pratique largement déployée dans les entreprises. Son objectif est clair : aller régulièrement sur le terrain, au plus près de la production, pour échanger avec les salariés sur les situations de travail et les enjeux de sécurité.

Pourtant, mal conduite, cette visite peut produire l’effet inverse de celui recherché.
À partir de mon expérience de manager, voici 5 erreurs fréquentes à ne pas commettre.

1. Vouloir être acteur

Sur le terrain, le réflexe est souvent d’agir immédiatement. Par exemple le manager découvre un câble qui traîne au sol avec un risque de chute de plain-pied ? Le manager le ramasse.

Cette intention est louable, mais contre-productive. La visite managériale n’est pas une action corrective, c’est un temps d’observation et d’échange.

La bonne posture consiste à faire constater et agir, par exemple en demandant au collaborateur concerné de sécuriser la situation de travail. De cette manière, la responsabilité reste là où elle doit être.

2. Être assimilé à un inspecteur

Si la visite est perçue comme un contrôle, la parole se ferme. Les salariés montrent ce qu’ils pensent devoir montrer, pas la réalité du travail.

La visite managériale de sécurité n’est ni un audit, ni une inspection réglementaire. C’est un moment de dialogue, basé sur la confiance et l’écoute.

La posture managériale est déterminante : prendre rendez-vous (annoncer sa visite), expliquer l’objectif de la démarche, poser des questions ouvertes et montrer un intérêt sincère pour le travail réel et pour le collaborateur.

3. Être dans le jugement

« Ce n’est pas normal », « Votre méthode de travail est mauvaise, vous auriez dû… ».

Le jugement coupe immédiatement la discussion. Il pousse à la justification, voire à la dissimulation.

Sur le terrain, il est essentiel d’observer les faits sans évaluer les personnes. C’est à partir d’un questionnement que l’on comprend comment le salarié raisonne et ce qui l’a conduit à cette situation. Ainsi on peut s’intéresser aux conditions de travail, aux contraintes et aux arbitrages réalisés.

Nous pouvons avoir des opinions différentes sans pour autant juger l’autre.

4. Ne chercher que le négatif

Vouloir pointer uniquement ce qui ne va pas envoie un message clair : la visite du chef sur le terrain sert à relever des écarts.

À long terme, cela démobilise et appauvrit les échanges. Nous sommes tous victime de ce biais cognitif qui vient de notre instinct de survie. Or, dans le monde de l’entreprise, identifier ce qui fonctionne bien est tout aussi important. C’est l’approche liée à la sécurité positive.

Cette méthode consiste à valoriser une bonne pratique, un réflexe sécurité ou une adaptation pertinente renforce l’esprit sécuritaire.

5. Annuler la visite si le contexte est défavorable

Un imprévu, une charge de travail élevée, une zone inaccessible… Et la visite est annulée.

Pourtant, une présence terrain, même courte et adaptée, reste toujours utile. Si un poste de travail n’est pas accessible, il est souvent possible d’en observer un autre.

Quitte à être sur place autant en profiter ! Mieux vaut reconfigurer la visite que de repartir sans rien.

La régularité et la visibilité du management sur le terrain comptent autant que le contenu de la visite. Les efforts des chefs pour se déplacer au plus proche des salariés sont toujours reconnus.

Une pratique simple… à forte exigence managériale

La visite managériale de sécurité est un outil puissant, à condition d’en maîtriser la posture. Elle ne repose pas que sur des grilles d’évaluation, mais sur la qualité de la relation et du dialogue avec les équipes.

Pour accompagner les managers et responsables HSE dans cette démarche, nous proposons des formations dédiées aux Visites Managériales de Sécurité.

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