Eczéma, rhinite, toux, asthme… Les allergies professionnelles peuvent apparaître après des expositions répétées à certaines substances présentes au travail. Une fois la sensibilisation installée, de faibles quantités peuvent parfois suffire à déclencher une réaction. Pour l’entreprise, l’enjeu consiste donc à identifier les agents en cause et à réduire les expositions le plus tôt possible.
Comment apparaît une allergie professionnelle ?
Une allergie professionnelle correspond à une réaction du système immunitaire provoquée par l’exposition à un agent sensibilisant dans le cadre du travail. Elle peut toucher principalement la peau, les voies respiratoires ou les yeux.
La sensibilisation peut rester silencieuse pendant un certain temps. Un salarié peut ainsi manipuler un produit pendant plusieurs mois ou années sans symptôme, avant de développer soudainement une réaction lors de nouvelles expositions.
Les manifestations les plus fréquentes sont les dermatites de contact allergiques et l’asthme professionnel. L’Anses estime d’ailleurs que 16 à 18 % des cas d’asthme chez l’adulte pourraient être liés à une exposition professionnelle.
Quels produits et métiers sont concernés ?
Les agents sensibilisants sont présents dans de nombreux secteurs. Produits de nettoyage, résines, peintures, poussières de bois, métaux, produits de coiffure ou encore allergènes animaux peuvent être en cause.
Parmi les situations nécessitant une vigilance particulière figurent notamment :
- la pulvérisation de peintures, vernis ou colles contenant des isocyanates ;
- le ponçage et l’usinage produisant des poussières ;
- la manipulation de résines époxydiques ;
- l’utilisation fréquente de produits de nettoyage et de désinfection ;
- la coiffure et l’utilisation de colorations ou produits de décoloration ;
- le travail au contact d’animaux ou de substances d’origine biologique.
Pour certains usages professionnels de diisocyanates à une concentration supérieure ou égale à 0,1 %, une formation spécifique à leur utilisation sûre est obligatoire depuis le 24 août 2023.
Comment repérer un agent sensibilisant ?
L’étiquette du produit et sa fiche de données de sécurité constituent les premiers outils d’identification. Dans le cadre du règlement CLP, certaines mentions doivent particulièrement attirer l’attention.
- H317 : peut provoquer une allergie cutanée ;
- H334 : peut provoquer des symptômes allergiques, de l’asthme ou des difficultés respiratoires par inhalation ;
- EUH208 : indique la présence d’une substance susceptible de provoquer une réaction allergique.
L’analyse ne doit toutefois pas s’arrêter à la classification du produit. Il faut observer le travail réel : quantité manipulée, fréquence des opérations, création de poussières ou d’aérosols, ventilation, contact cutané et efficacité des protections déjà présentes.
Prévenir l’allergie avant qu’elle ne s’installe
Comme pour les autres risques chimiques ou biologiques, la prévention doit respecter la hiérarchie des mesures. Porter des équipements de protection individuelle ne constitue donc pas la première réponse.
Lorsque cela est possible, l’entreprise doit d’abord supprimer ou substituer l’agent sensibilisant. À défaut, elle peut modifier le procédé, travailler en système fermé ou mettre en place un captage à la source afin de réduire l’exposition.
Les EPI adaptés, notamment les gants ou protections respiratoires, interviennent ensuite en complément des mesures collectives.
L’apparition de symptômes liés au poste doit également être prise au sérieux. Une amélioration pendant les congés ou les périodes sans exposition, suivie d’une réapparition lors de la reprise du travail, peut constituer un signal d’alerte. Le salarié doit alors être orienté vers le service de prévention et de santé au travail afin d’évaluer l’exposition et, si nécessaire, d’adapter le poste.
Agir précocement est essentiel : une allergie professionnelle installée peut nécessiter un aménagement du poste, un reclassement ou parfois une réorientation professionnelle.
Les allergies professionnelles : un risque omniprésent dans vos entreprises !
Auteur : Inforisque.
