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DUERP et canicule 2026 : les risques que les entreprises oublient avant l’été

Classé dans la catégorie : Général

Depuis le décret du 27 mai 2025 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à la chaleur, les fortes températures ne sont plus un simple sujet de confort. Elles deviennent un risque professionnel à évaluer, à documenter et à traiter dans le plan d’action lorsque l’exposition peut porter atteinte à la santé ou à la sécurité des salariés.

Le risque chaleur ne concerne pas seulement les chantiers

Pendant longtemps, la canicule a surtout été associée aux métiers extérieurs : BTP, espaces verts, logistique, collecte des déchets, agriculture, livraison. C’est une erreur. Les épisodes de chaleur intense touchent aussi les ateliers, les cuisines, les réserves, les locaux techniques, les entrepôts mal ventilés ou les bureaux exposés plein sud.

L’employeur doit donc raisonner par situations de travail et non par métier. Un salarié peut être peu exposé le matin et fortement exposé l’après-midi. Une activité peut rester acceptable en temps normal et devenir critique lors d’un pic d’activité, d’une panne de ventilation ou d’un port prolongé d’EPI.

Les risques oubliés dans beaucoup de DUERP

Le premier oubli consiste à ne regarder que la température de l’air. Or l’effort physique, l’humidité, le rayonnement solaire, l’absence d’ombre, le port de charges, les vêtements de travail, les équipements de protection et l’organisation des pauses modifient fortement le niveau de risque.

Le deuxième oubli concerne les salariés isolés ou mobiles. Un livreur, un technicien de maintenance, un agent d’entretien en horaire décalé ou un salarié qui intervient seul dans un local technique ne bénéficie pas toujours d’une alerte rapide en cas de malaise.

Le troisième oubli touche les populations plus vulnérables : nouveaux embauchés, intérimaires, apprentis, salariés reprenant après un arrêt, personnes sous traitement médical ou travailleurs de nuit. Leur exposition doit être appréciée avec prudence, sans entrer dans des données médicales individuelles.

Ce que la mise à jour du DUERP doit concrètement intégrer

Une mise à jour utile commence par identifier les unités de travail exposées : postes extérieurs, zones chaudes, véhicules, cuisines, ateliers, quais, réserves, locaux sans climatisation ou interventions en déplacement. Il faut ensuite décrire les scénarios : manutention sous chaleur, port d’EPI, travail isolé, horaires de pointe, coactivité, trajets, astreintes.

L’étape suivante consiste à rattacher des mesures précises à chaque situation. Cela peut aller de l’adaptation des horaires à la mise à disposition d’eau fraîche, en passant par l’aménagement des pauses, la réduction des efforts, la ventilation, la création de zones d’ombre, la formation aux signaux d’alerte ou la réorganisation temporaire de certaines tâches.

La difficulté n’est pas seulement d’écrire ces mesures. Elle est de prouver qu’elles sont suivies. C’est là qu’une solution digitale DUERP devient utile : elle permet de relier un risque chaleur à une action, un responsable, une échéance, une preuve et une réévaluation.

Le plan d’action doit vivre pendant toute la période chaude

Un DUERP mis à jour une seule fois avant l’été ne suffit pas si l’entreprise ne suit pas les signaux faibles. Il faut prévoir une routine simple : veille météo, remontées terrain, point hebdomadaire en période de forte chaleur, ajustement des horaires et vérification de la bonne compréhension des consignes.

Les managers de proximité ont un rôle central. Ce sont eux qui voient si les pauses sont réellement prises, si les cadences restent compatibles avec la chaleur, si les salariés disposent d’eau, si les nouveaux arrivants ont reçu les consignes ou si un équipement devient difficile à porter.

Exemple concret

Une entreprise de logistique identifie trois zones exposées : les quais en fin d’après-midi, les préparateurs qui réalisent des manutentions répétées et les chauffeurs qui chargent en extérieur. La mise à jour du DUERP ne se limite pas à écrire “risque canicule”. Elle précise les postes, les horaires sensibles, les mesures d’organisation, les points d’eau, les consignes d’alerte et les actions à déclencher selon le niveau de vigilance.

En cas de contrôle ou d’accident, la différence se joue souvent sur la traçabilité : qui a décidé quoi, à quelle date, avec quelle preuve de mise en œuvre ?

À retenir en une phrase

Le risque chaleur doit être traité comme un risque professionnel à part entière : identifié dans le DUERP, relié à des actions concrètes, suivi dans le temps et adapté aux réalités du terrain.

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Sources réglementaires et liens utiles

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