Chaque minute compte lors d'un arrêt cardiaque. Si le défibrillateur automatisé externe (DAE) est aujourd'hui largement connu du grand public, de nombreuses entreprises s'interrogent encore sur leurs obligations. La réglementation impose-t-elle de s'équiper ? Quels sont les critères à prendre en compte ? Le point sur les règles applicables et les bonnes pratiques de prévention.
Le défibrillateur est-il obligatoire dans les entreprises ?
Contrairement à une idée largement répandue, le Code du travail n'impose pas aux entreprises de disposer systématiquement d'un défibrillateur automatisé externe. Aucune disposition réglementaire ne prévoit une obligation générale comparable à celle qui existe pour certains équipements de lutte contre l'incendie.
En revanche, l'employeur reste soumis à son obligation générale de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs. Les lieux de travail doivent être équipés d'un matériel de premiers secours adapté aux risques présents dans l'entreprise et facilement accessible.
C'est donc l'évaluation des risques qui doit guider la décision d'installer ou non un DAE. Plusieurs critères peuvent justifier cet équipement :
- la présence d'un risque électrique important ;
- un effectif élevé augmentant la probabilité d'un arrêt cardiaque ;
- un site isolé ou éloigné des services de secours ;
- des difficultés d'accès pour les équipes d'urgence ;
- des activités accueillant régulièrement du public.
Le médecin du travail peut accompagner l'employeur dans cette analyse afin de déterminer si la mise à disposition d'un défibrillateur constitue une mesure pertinente au regard des risques identifiés.
Installer un DAE ne suffit pas : l'organisation des secours est essentielle
L'efficacité d'un défibrillateur dépend avant tout de la rapidité avec laquelle il peut être utilisé. Pour cette raison, son implantation doit s'intégrer dans une véritable organisation des secours internes.
Le choix de son emplacement est déterminant. L'appareil doit être facilement repérable, rapidement accessible et installé dans une zone permettant une intervention sans perte de temps.
Sa présence doit également être clairement signalée grâce à une signalétique conforme à la réglementation. Une signalisation insuffisante peut faire perdre de précieuses minutes lors d'une urgence vitale.
Dans certaines situations, notamment lorsque le défibrillateur est mis à disposition du public en libre accès, son emplacement peut également devoir être déclaré dans la base nationale recensant les DAE accessibles sur le territoire.
Former les salariés reste un levier majeur de prévention
Depuis plusieurs années, toute personne est autorisée à utiliser un défibrillateur automatisé externe, même sans formation spécifique. Les appareils analysent eux-mêmes le rythme cardiaque et délivrent un choc uniquement lorsqu'il est nécessaire.
Pour autant, cette simplicité d'utilisation ne dispense pas de former les salariés. Le DAE ne constitue qu'un maillon de la chaîne des secours. Son efficacité dépend d'une succession d'actions réalisées dans les premières minutes :
- identifier rapidement l'arrêt cardiaque ;
- alerter immédiatement les services d'urgence ;
- débuter un massage cardiaque sans attendre ;
- mettre en œuvre le défibrillateur dès qu'il est disponible ;
- poursuivre la réanimation jusqu'à l'arrivée des secours.
Les salariés titulaires du certificat de Sauveteur Secouriste du Travail (SST) sont déjà formés à l'utilisation du défibrillateur dans le cadre de leur apprentissage de la réanimation cardio-pulmonaire. Sensibiliser un nombre plus important de collaborateurs permet toutefois d'améliorer la capacité de réaction de l'entreprise face à une urgence médicale.
Maintenance, vérifications et suivi : des obligations à ne pas négliger
Installer un défibrillateur n'est que la première étape. Encore faut-il garantir qu'il sera pleinement opérationnel le jour où il devra être utilisé.
Les DAE sont des dispositifs médicaux soumis à des exigences de maintenance. L'employeur doit veiller à leur bon fonctionnement en respectant les préconisations du fabricant et en organisant des contrôles réguliers.
Ces opérations portent notamment sur :
- l'état général de l'appareil ;
- la date de validité des électrodes ;
- le niveau de charge de la batterie ;
- le bon fonctionnement des autotests ;
- les conditions de stockage et d'accessibilité.
La périodicité des vérifications dépend des recommandations du fabricant et des conditions d'utilisation de l'appareil. Elles peuvent être réalisées par le constructeur, un prestataire spécialisé ou directement par l'entreprise lorsque cela est prévu.
Au-delà du respect de la réglementation, un défibrillateur correctement entretenu s'inscrit dans une démarche globale de préparation aux situations d'urgence. Associé à une organisation des secours efficace, à des salariés formés et à des procédures connues de tous, il constitue un levier supplémentaire pour améliorer les chances de survie en cas d'arrêt cardiaque sur le lieu de travail.
Auteur : Inforisque.Sur le même sujet : Mise à disposition d’un défibrillateur en entreprise : quelles obligations ?.


