Le rapport définitif 2025 de l’Observatoire National Interministériel sur la Sécurité Routière (ONISR) est paru : avec 3 263 morts sur les routes de France métropolitaine en 2025 (70 décès de plus qu’en 2024), il y a encore du travail !
Et à part les deux-roues motorisés qui ont, par bonheur, enregistré 23 tués de moins qu’en 2024 (mais quand même 697 décès, ce qui représente la plus forte proportion de tués au regard du nombre d’utilisateurs), toutes les catégories sont concernées.

Quelles sont les facteurs comportementaux principaux de ces accidents mortels ?
Les causes sont souvent multifactorielles, mais le comportement humain reste néanmoins la principale cause :
| Facteur comportementaux des présumés responsables d'accident mortel (en multi-factoriel) |
Période 2023-2025 |
|---|---|
| Stupéfiants | 11% |
| Manoeuvres dangereuses * | 11% |
| Malaise | 11% |
| Priorité | 10% |
| Somnolence - Fatigue | 4% |
| Contresens | 4% |
| Autre cause | 13% |
| Cause indéterminée | 13% |
* Manoeuvres dangereuses : dépassement dangereux, changement de file et/ou non respect des distances
Il est également intéressant de voir que selon le sexe, le podium des causes va changer :
La vitesse reste le facteur n°1 des accidents mortels, qu’on soit un homme (35 % des accidents liés à la vitesse) ou une femme (18 %).
Mais les deux autres places du podium seront différentes : chez l’homme, l’alcool (27 %) et les stupéfiants complètent le podium, quand ce sont l’inattention (16 %) et les refus de priorité (14 %) chez la femme.
en France métropolitaine en 2023-2025

Et au travail ?
Selon l’Assurance Maladie, le risque routier reste la principale cause d’accident mortel au travail. En 2024, on dénombrait pour le régime général 764 accidents du travail mortels, dont 318 accidents de trajet mortels (domicile / travail ou mission).
Or, l’entreprise a un rôle certain à jouer. Que les accidents routiers professionnels représentent plus de 40 % des accidents mortels au travail, donc la première cause de mortalité au travail, c’est l’illustration dramatique qu’ils constituent un risque professionnel à part entière. Les employeurs peuvent contribuer à prévenir ce risque :
- En organisant les déplacements
- En communiquant en interne sur ce risque
- En rédigeant un règlement intérieur spécifique à ce risque, validé par l’ensemble du personnel, cadres dirigeants compris
- En formant ou sensibilisant son personnel, utilisateur ou non de véhicules de mission ou de fonction, sur l’ensemble des risques routiers
Organiser les déplacements
À raison, l’INRS précise que « Le meilleur moyen de réduire le risque routier n'est pas seulement de mieux conduire, mais de mieux organiser les déplacements : éviter les trajets inutiles, prévoir des horaires réalistes, lutter contre la fatigue, entretenir les véhicules et former régulièrement les conducteurs ».
1. Réduire les déplacements inutiles
Ce n’est finalement que du bon sens : commençons par réduire les déplacements inutiles
- Privilégier les réunions en visioconférence dès que c’est possible
- Regrouper les rendez-vous et les visites commerciales par zone géographique
- Éviter les allers-retours dans la même journée lorsque les distances sont longues
- Planifier les tournées pour limiter le kilométrage à parcourir
2. Prévoir des temps de trajet réalistes
- Ne jamais fixer d’objectifs à nos équipes qui vont ensuite les obliger à dépasser les limitations de vitesse
- Penser à intégrer les conditions de circulation, les temps de pause et les éventuels aléas climatiques dans la planification
- Éviter les départs trop matinaux ou les retours trop tardifs
3. Lutter contre la fatigue
- Faire une pause dès lors que les signes de somnolence apparaissent, ou au minimum toutes les deux heures (faire une pause n’est pas une preuve de faiblesse, mais d’intelligence)
- Encourager le report d’un déplacement si l’état de fatigue du collaborateur est manifeste
- Privilégier l’hôtel plutôt qu’un retour de nuit après une longue journée
4. Éliminer les distractions

- Interdire l’utilisation du téléphone tenu en main pendant la conduite
- Limiter les appels téléphoniques sortants ou entrants, même équipés d’un système Bluetooth
- Préciser aux collaborateurs qu’ils doivent s’arrêter sur une aire sécurisée pour répondre aux appels, passer leurs appels et répondre aux messages. Cet aspect doit impérativement être inscrit dans le règlement intérieur.
Communiquer en interne
Le collaborateur doit sentir l’implication de chacun dans cette démarche de prévention des risques routiers, grâce à des messages réguliers sur les portails internes, dans les espaces de pause et dans les couloirs de l’entreprise, par des affichages simples et des messages forts et clairs (beaucoup de supports sont disponibles gratuitement sur le site www.securite-routiere.gouv.fr), par messagerie, etc.
Règlement intérieur
Dans la mesure du possible, ce règlement peut être rédigé par un comité composé pour l’occasion de membres du personnel, itinérants ou non, de tout niveau hiérarchique, et doit surtout être validé par tout le personnel de l’entreprise.
Ainsi, par exemple, un manager qui appelle son collaborateur pendant qu’il conduit devra accepter qu’il ne réponde pas tant qu’il n’est pas arrêté sur une aire sécurisée. Chacun connaît et respecte la règle, car chacun l’a signée.
Cela permet de mettre à plat l’ensemble de la politique de déplacement de l’entreprise :
- Privilégier le train ou les déplacements éco-responsables lorsque c’est possible (ce qui sera intégré aux objectifs RSE de l’entreprise)
- Rédiger les conditions d’utilisation des véhicules personnels
- Définir un temps de conduite maximum quotidien
- Encadrer l’utilisation des téléphones au volant
- Définir le taux d’alcoolémie toléré dans l’entreprise
- Organiser la gestion des pauses
Formation ou sensibilisation en entreprise
Cela commence par l’analyse des procès-verbaux reçus dans l’année, mais aussi et surtout des accidents et presqu’accidents :
- Tenir un registre des PV reçus
- Tenir un registre des accidents matériels et corporels, ou demander à son assureur de transmettre l’historique
- Analyser systématiquement les causes
- Programmer ensuite les actions correctrices, qui passent généralement par de la formation ou de la sensibilisation
Safety Days : la sensibilisation est parfois organisée par les entreprises lors de moments privilégiés de team building (séminaires, réunions commerciales, etc.), mais aussi par la mise en place de « Villages Prévention » regroupant plusieurs ateliers dont les thématiques sont définies à partir des analyses des causes d’accidents ou des procès-verbaux.
Formations : les sujets traités seront les mêmes, mais abordés plus en profondeur, par groupes plus restreints et sur des durées plus longues (jusqu’à une journée).
Nous vous renvoyons vers l’article publié en janvier 2026 dans Inforisque pour trouver les astuces vous permettant d’organiser de beaux moments de prévention des risques routiers au sein de votre entreprise.
Auteur : GOTODRIVE.
