Les risques psychosociaux (RPS) occupent désormais une place centrale dans les enjeux de santé et de sécurité au travail. Stress professionnel, surcharge de travail, manque de reconnaissance, conflits, harcèlement ou encore épuisement professionnel peuvent avoir des conséquences importantes, aussi bien sur la santé des collaborateurs que sur le fonctionnement et la performance des entreprises.
En 2025, plusieurs études et baromètres mettent en évidence l’ampleur de ces problématiques dans le monde professionnel. Les chiffres disponibles montrent notamment que les salariés restent fortement exposés au stress et aux situations susceptibles de dégrader leur santé mentale.
Mais que disent réellement les chiffres sur les RPS en 2025 ? Quels sont les principaux facteurs de risques ? Et surtout, quelles actions les entreprises peuvent-elles mettre en place pour mieux les prévenir ?
Les risques psychosociaux touchent-ils une majorité de salariés en 2025 ?
Les données disponibles en 2025 montrent une exposition importante des salariés français aux risques psychosociaux.
Selon le baromètre BDO-OpinionWay, 59 % des salariés déclarent avoir été confrontés à une situation relevant des RPS, avec 32 % qui indiquent en avoir été directement victimes et 34 % qui déclarent avoir été témoins de telles situations.
Dans la grande majorité des cas, les salariés établissent un lien avec leur environnement professionnel : 91 % considèrent que ces situations sont liées au travail.
Parmi les principaux facteurs évoqués figurent notamment :
- la surcharge de travail : 54 % ;
- le manque de reconnaissance : 48 % ;
- la dégradation des relations professionnelles : 45 %.
Ces chiffres illustrent une réalité importante : les RPS ne résultent pas uniquement de difficultés individuelles. Ils peuvent également être directement liés à l’organisation, aux méthodes de management et aux conditions dans lesquelles le travail est réalisé.
Quels sont les principaux risques psychosociaux en entreprise ?
Les RPS regroupent différentes situations susceptibles d’avoir un impact sur la santé physique et mentale des travailleurs.
Parmi les risques les plus fréquemment rencontrés, on retrouve :
- le stress chronique ;
- la surcharge et l’intensification du travail ;
- le manque d’autonomie ;
- les conflits professionnels ;
- le manque de reconnaissance ;
- les comportements managériaux inadaptés ;
- le harcèlement moral ou sexuel ;
- les violences internes ou externes ;
- le manque d’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ;
- le risque d’épuisement professionnel ou burn-out.
L’exposition à ces facteurs peut progressivement entraîner de la fatigue, des troubles du sommeil, une perte de motivation, de l’anxiété ou encore une dégradation de la santé mentale.
Les femmes particulièrement exposées au stress professionnel
Certaines populations apparaissent davantage exposées aux conséquences des RPS.
D’après une enquête Moka.care, GHU Paris et Ifop publiée en 2025, 45 % des femmes interrogées déclarent être confrontées au stress chronique, contre 26 % des hommes.
L’enquête indique également que 35 % des femmes déclarent avoir connu un burn-out récemment, contre 21 % des hommes.
Le risque de mal-être psychologique apparaît lui aussi particulièrement marqué chez les femmes : 38 % présenteraient un niveau de mal-être mental associé à un risque dépressif, soit environ deux fois plus que les hommes selon cette enquête.
Ces résultats soulignent l’importance d’une politique de prévention des RPS prenant en compte les différentes réalités vécues par les salariés.
Stress, sommeil et équilibre de vie : des conséquences concrètes
Les effets des risques psychosociaux ne se limitent pas au lieu de travail.
Dans la fonction publique territoriale, les données du baromètre MNT mettent notamment en évidence une dégradation de certains indicateurs liés au travail.
En 2025 :
- 62 % des agents déclarent avoir un sommeil perturbé par leur activité professionnelle, soit une hausse de 9 points par rapport à 2024 ;
- 41 % indiquent que leur rythme de vie est affecté ;
- 39 % déclarent réduire leur activité physique.
Ces données montrent que les conditions de travail peuvent avoir des répercussions bien au-delà des horaires professionnels.
Pourquoi les salariés signalent-ils encore peu les RPS ?
Identifier une situation de risque psychosocial est une chose. Oser la signaler en est une autre.
Selon le baromètre BDO, seulement 26 % des victimes ou témoins de situations de RPS déclarent les avoir signalées.
Plusieurs raisons peuvent expliquer cette faible proportion :
- la volonté de préserver la confidentialité : 60 % ;
- la méconnaissance des procédures de signalement : 42 % ;
- la crainte de représailles : 34 %.
Le décalage entre la perception des salariés et celle des entreprises est également significatif. Les entreprises estimeraient à 62 % la proportion de situations faisant l’objet d'un signalement.
Lorsqu’un signalement est effectivement réalisé, il peut toutefois déboucher sur des mesures concrètes : le baromètre indique que 54 % des signalements donnent lieu à une action corrective.
Ces chiffres rappellent l’importance de créer un environnement dans lequel les salariés peuvent s’exprimer sans craindre de conséquences négatives.
Où en sont les entreprises dans la prévention des RPS ?
La prévention des risques psychosociaux progresse, mais les dispositifs restent parfois insuffisamment connus des salariés.
En 2025, 61 % des entreprises déclarent disposer d’un plan d’action dédié aux RPS. Ces plans comprennent en moyenne plusieurs mesures, parmi lesquelles :
- l’évaluation des risques : 87 % ;
- la formation des managers : 84 % ;
- les actions de sensibilisation : 79 %.
Cependant, un écart persiste entre les dispositifs mis en place et leur perception par les collaborateurs.
Seulement 36 % des salariés déclarent connaître l’existence du plan RPS de leur entreprise. Par ailleurs, 24 % estiment que leurs managers sont réellement formés à la prévention des RPS, alors que 43 % des managers se considèrent eux-mêmes comme formés.
Ce constat montre qu'une politique de prévention efficace ne repose pas uniquement sur l’existence d’un document ou d’un plan d’action. Elle doit également être comprise, communiquée et intégrée dans les pratiques quotidiennes de l’entreprise.
Quels sont les impacts des RPS sur l’absentéisme ?
Les conséquences des risques psychosociaux peuvent également se traduire par une augmentation des arrêts de travail et de l’absentéisme.
Selon les données citées dans le baromètre BDO, 7 % des salariés auraient pris un arrêt maladie en lien avec les RPS, tandis que 17 % des entreprises déclarent en recenser.
Dans la fonction publique territoriale, les arrêts liés aux maladies professionnelles atteindraient 15 %, soit une progression de 5 points.
Au-delà du coût humain, les RPS peuvent donc représenter un enjeu économique important pour les organisations : absentéisme, turnover, baisse de l’engagement, désorganisation des équipes ou perte de productivité peuvent progressivement peser sur la performance globale.
Les RPS représentent-ils également un risque juridique ?
La prévention des risques psychosociaux constitue également un enjeu juridique pour les employeurs.
En France, l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Cette obligation implique notamment d’identifier et d’évaluer les risques professionnels auxquels les travailleurs peuvent être exposés.
Les risques psychosociaux doivent donc être intégrés à la démarche globale de prévention de l’entreprise.
Les situations de souffrance au travail, de harcèlement ou de manquements à l’obligation de prévention peuvent notamment exposer l’organisation à des conséquences juridiques et financières.
La prévention des RPS doit ainsi être considérée comme une démarche à la fois humaine, organisationnelle et juridique.
Comment prévenir efficacement les risques psychosociaux ?
Face à l’importance des chiffres, les entreprises ont tout intérêt à adopter une démarche structurée de prévention des RPS.
Une politique efficace peut notamment s’appuyer sur plusieurs leviers.
1. Réaliser un diagnostic RPS
Le diagnostic des risques psychosociaux permet d’identifier les facteurs de risque présents dans l’organisation : charge de travail, autonomie, relations professionnelles, management, reconnaissance, conflits ou encore équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Cette étape permet ensuite de définir des actions adaptées à la réalité du terrain.
2. Former les managers
Les managers jouent un rôle essentiel dans la détection des signaux faibles et dans la prévention des situations susceptibles de se dégrader.
Une formation adaptée peut notamment leur permettre de mieux identifier les signes de stress, d’épuisement professionnel ou de souffrance au travail, mais également d'améliorer leurs pratiques managériales.
3. Agir sur l’organisation du travail
La prévention des RPS ne doit pas se limiter à accompagner individuellement les salariés.
Il est également nécessaire d’agir sur les causes organisationnelles : répartition de la charge de travail, objectifs, moyens disponibles, autonomie, communication interne ou encore fonctionnement des équipes.
4. Développer une démarche QVCT
La Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) constitue un autre levier important.
Elle permet de travailler sur les conditions concrètes dans lesquelles les collaborateurs exercent leur activité et de favoriser un environnement de travail plus équilibré et durable.
Diagnostic RPS : pourquoi évaluer les risques psychosociaux en entreprise ?
Face à la progression du stress, de la surcharge de travail et des situations de mal-être professionnel, le diagnostic des risques psychosociaux (RPS) constitue une étape essentielle pour mieux comprendre les difficultés rencontrées par les salariés et agir sur leurs causes.
Un diagnostic RPS permet notamment d’identifier les principaux facteurs de risques présents dans l’organisation : charge de travail excessive, manque d’autonomie, difficultés managériales, conflits, manque de reconnaissance ou encore problèmes liés à l’organisation du travail.
L’objectif n’est pas seulement de constater les situations à risque, mais de comprendre leur origine et de définir des actions de prévention adaptées. Cette démarche permet ainsi aux entreprises de mieux protéger la santé mentale de leurs collaborateurs tout en améliorant les conditions de travail.
Comment réaliser un diagnostic RPS ?
La réalisation d’un diagnostic RPS repose généralement sur une analyse des conditions de travail et sur le recueil de la perception des salariés. Selon les besoins de l’entreprise, cette démarche peut s’appuyer sur des questionnaires, des entretiens, des observations de terrain ou encore l’analyse de différents indicateurs sociaux.
Les résultats permettent ensuite de mettre en évidence les facteurs de risques prioritaires et de construire un plan d’action de prévention des RPS adapté à l’organisation.
Pour les entreprises souhaitant être accompagnées dans cette démarche, Groupe Prevensys intervient dans la réalisation de diagnostics RPS et dans l’identification des principales actions de prévention à mettre en œuvre.
À retenir
Le diagnostic RPS permet donc de passer d’une simple perception des difficultés à une analyse structurée des risques psychosociaux. C’est une première étape pour mettre en place une démarche de prévention efficace et durable au sein de l’entreprise.

