Comment l’apprentissage positif transforme la culture sécurité ?

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D’après des recherches récentes (publication de Stefano Palminteri), nous avons tendance à tenir compte davantage d’un apprentissage positif pour améliorer la culture sécurité au travail.

Notre cerveau nous joue des tours

Les réseaux neurologiques dédiés à l’apprentissage suivent 2 voies. La première est la voie directe liée à la confirmation de ce que je crois (prédiction positive). La seconde est la voie indirecte correspondant à un écart à l’attendu (prédiction négative). Les 2 voies permettent théoriquement de développer à part égales ses connaissances et progresser. Or la dopamine associée au processus d’apprentissage, privilégie la prise d’informations en faveur des éléments encourageants (voie directe) au détriment de la seconde.

Étude de cas d’apprentissage

Prenons 2 cas : Martin reçoit un nouveau modèle de marteau. Il est plus léger et amortit mieux les chocs mais Martin est sceptique car habitué à son ancien marteau. A l’issue de la journée de travail, les essais réalisés par Martin ne montrent aucune différence. Martin possède bien une douleur au coude mais il ne l’impute pas au vieux marteau. Le résultat est inférieur à ses attentes, il ne changera donc pas ses habitudes (taux d’apprentissage nul).

David travaille régulièrement avec Gérard le grutier. Ce dernier lui fait remarquer que s’il portait un gilet fluo ce serait efficace pour traiter plus rapidement ses demandes. A la fin de la journée Gérard le félicite car ils ont gagné 1/2h sur le temps estimé des travaux. Le résultat est supérieur aux attentes de David qui va adopter dorénavant le port du gilet (taux d’apprentissage maximal).

Dans ces 2 exemples, nous illustrons le fait que les individus sont moins attentifs aux informations qui indiquent qu’ils ont fait un mauvais choix. Le cerveau de Martin persiste dans l’erreur car il prend en compte une information négative (je ne perçois pas de différence entre les deux outils).

En revanche dans le cas de David, le circuit d’apprentissage par récompense a modifié sa manière de faire. Les biais d’optimisme et de confirmation ont joué en faveur de la santé sécurité au travail. La carotte a plus de pouvoir que le bâton !

Cela démontre également les limites des méthodes pédagogiques s’appuyant sur des images chocs (accidents graves…). Si l’objectif visé consiste à modifer les manières de faire, l’apprentissage par punition n’obtiendra pas les effets escomptés et restera au niveau de la simple « information ».

Quelle solution privilégier pour la culture sécurité ?

Il s’agit donc de compléter la vision traditionnelle de la sécurité (focus sur les dysfonctionnements) par l’analyse des situations dans lesquelles tout se passe bien. Mikael Mourey ancien directeur santé sécurité parle d’un nouveau modèle définissant l’HSE de façon positive.

C’est aussi la vision portée par le Professeur Danois Erik Hollnagel. Le travailleur contribue à la sécurité et il faut identifier les actions qui facilitent la réussite. On s’améliore en comprenant pourquoi dans certains cas tout se passe du mieux possible. Une fois que l’on a compris les raisons du succès, le responsable communique aux autres travailleurs la voie à suivre.

Chez Aforma Conseil, nous avons choisi de changer les manières de penser des stagiaires de tous niveaux en expliquant le « pourquoi » des situations de travail qui fonctionnent.

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