La fatigue informationnelle : un défi croissant pour la sécurité au travail

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Dans un monde professionnel de plus en plus connecté, la fatigue informationnelle s’impose comme une problématique majeure dans le domaine de la sécurité au travail. Ce phénomène, lié à l’excès d’informations numériques, touche près d’un actif français sur quatre, soit environ 7,5 millions de personnes. Loin d’être une simple gêne, cette surcharge cognitive engendre des conséquences graves sur la santé mentale et physique des employés, ainsi que sur leur productivité.

Un environnement numérique saturé

La numérisation croissante des entreprises a multiplié les outils de communication : e-mails, messageries instantanées, visioconférences et plateformes collaboratives. Si ces technologies étaient censées améliorer l’efficacité, elles ont paradoxalement généré une surcharge d’informations qui fragmentent l’attention et compliquent la prise de décision. Les cadres et managers sont particulièrement touchés, avec 42 % d’entre eux déclarant souffrir de fatigue informationnelle.

En moyenne, un salarié passe près de deux heures par jour à gérer des informations non essentielles. Cette surcharge cognitive ne se limite pas à une perte de temps : elle affecte directement la capacité à établir des priorités et engendre stress, anxiété et déprime. Selon une étude récente, 69 % des travailleurs concernés souffrent de stress, 55 % d’anxiété et 43 % de déprime.

Impact sur la sécurité au travail

Les répercussions de la fatigue informationnelle vont au-delà du bien-être individuel. L’incapacité à se concentrer ou à prioriser les tâches augmente les risques d’erreurs professionnelles et d’accidents.

Dans les environnements où la sécurité est critique, comme les industries ou les transports, cette surcharge cognitive peut avoir des conséquences dramatiques. Par ailleurs, le stress chronique lié à l’infobésité favorise le burn-out, qui touche déjà 28 % des salariés concernés.

Repenser les pratiques professionnelles

Face à cette problématique croissante, plusieurs pistes peuvent être envisagées pour réduire la surcharge cognitive :

  • Limiter les sollicitations inutiles : Rationaliser l’usage des e-mails et notifications en instaurant des règles claires sur leur fréquence et pertinence.
  • Encadrer le droit à la déconnexion : Appliquer concrètement ce droit prévu par le Code du travail pour permettre aux employés de se reposer en dehors des heures professionnelles.
  • Réduire les réunions : Favoriser des formats courts et efficaces pour éviter la fragmentation des tâches.
  • Sensibiliser les équipes : Former les salariés et managers à gérer efficacement les flux d’informations et à renforcer leur concentration.

Certaines entreprises innovantes expérimentent déjà des initiatives comme les « journées sans e-mails » ou la centralisation des outils numériques. Ces démarches visent à réduire le stress numérique tout en optimisant les interactions professionnelles.

Un enjeu clé pour l’avenir

La fatigue informationnelle doit être reconnue comme un véritable risque professionnel. En intégrant cette problématique dans leurs politiques de prévention, les entreprises peuvent non seulement préserver la santé mentale de leurs employés mais également améliorer leur performance globale. À l’ère numérique, trouver un équilibre entre efficacité technologique et bien-être humain est essentiel pour garantir un environnement de travail sûr et durable.

Source : La fatigue informationnelle – Un nouveau risque professionnel à évaluer et prévenir.

 

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