Hiver au bureau : ces petits oublis qui transforment l’équipe en salle d’attente

Classé dans la catégorie : Risques pour l'Homme au travail

Quand l’hiver s’installe, les infections saisonnières s’invitent aussi au travail : fatigue, absences, équipes désorganisées. Dans des locaux fermés et fréquentés, la prévention repose sur des réflexes simples, mais surtout sur une organisation collective qui les rend possibles au quotidien.

Pourquoi l’hiver “explose” en entreprise : promiscuité, surfaces et air intérieur

Grippe, rhumes, bronchites, gastro-entérites… En période froide, les agents infectieux circulent plus facilement dans les environnements professionnels, en particulier lorsque les équipes partagent des espaces clos. Open spaces, salles de réunion, vestiaires, véhicules de service : plus les échanges sont rapprochés et fréquents, plus la transmission trouve d’occasions.

Deux mécanismes se combinent. D’un côté, les mains touchent des surfaces communes (poignées de porte, interrupteurs, claviers, imprimantes, rampes, machine à café) puis reviennent instinctivement vers le visage. De l’autre, l’air intérieur se renouvelle moins : fenêtres fermées, chauffage, réunions qui s’enchaînent. Résultat : l’exposition augmente sans que l’on s’en rende compte.

Dans une logique de santé et sécurité au travail, l’enjeu ne se limite pas au confort : limiter la contagion, c’est aussi protéger la continuité d’activité, réduire les risques d’erreurs liées à la fatigue et éviter que des salariés fragiles ne se retrouvent en difficulté.

La barrière la plus efficace : des mains propres, au bon moment

Le premier levier est aussi le plus sous-estimé : l’hygiène des mains. Les virus se propagent largement via les contacts indirects. Une main contaminée touche l’œil, le nez ou la bouche, et l’infection peut démarrer. Les recommandations de prévention insistent sur un principe simple : l’eau et le savon restent la référence, à répéter plusieurs fois dans la journée.

Pour que ce geste soit réellement protecteur, il doit être réalisable et bien exécuté. Le séchage compte autant que le lavage : des mains humides transmettent plus facilement les micro-organismes et irritent la peau. L’essuie-mains en papier à usage unique est souvent l’option la plus hygiénique en milieu collectif. Quand un point d’eau n’est pas accessible, une solution hydroalcoolique peut dépanner, notamment après s’être mouché, avoir toussé ou éternué.

Repères pratiques à ancrer en équipe :

  • Avant de manger, de manipuler de la nourriture ou de toucher son visage.
  • Après les toilettes, après s’être mouché, après une toux ou un éternuement.
  • Après avoir touché des surfaces très partagées (salle de pause, accueil, ascenseur).
  • Après avoir aidé un collègue ou un client (remise de documents, matériel, monnaie).

Côté organisation, l’employeur peut faire la différence en garantissant des distributeurs remplis, des points d’eau accessibles, des consommables disponibles et une signalétique simple, visible, non culpabilisante.

Aérer et adopter l’hygiène respiratoire : réduire la charge virale dans l’air

Le renouvellement de l’air est un facteur clé, surtout en hiver. Aérer plusieurs fois par jour, même quelques minutes, suffit souvent à améliorer la qualité de l’air intérieur et à diminuer la concentration de particules potentiellement contaminantes. Dans les zones très occupées (salles de réunion, bureaux partagés), une routine d’aération planifiée fonctionne mieux qu’une aération “quand on y pense”.

À cette mesure s’ajoutent les règles d’hygiène respiratoire. Tousser ou éternuer dans le creux du coude limite la projection de gouttelettes. L’usage de mouchoirs en papier à usage unique, jetés immédiatement, puis le lavage des mains, réduit le risque de contamination croisée.

Pour rendre ces gestes réalistes, il faut équiper les bons endroits :

  • Boîtes de mouchoirs dans les zones communes et à l’accueil.
  • Poubelles à ouverture sans contact si possible, vidées régulièrement.
  • Rappels visuels dans les salles de réunion et espaces de pause.

Adapter les usages sociaux et structurer la prévention : du réflexe individuel au protocole

En période de circulation virale, certains codes sociaux deviennent des accélérateurs de transmission : poignées de main, bise, proximité prolongée lors d’échanges informels. Les remplacer par des salutations sans contact n’est pas une question de froideur, mais de prévention. L’acceptation est meilleure lorsque la règle est partagée par tous et portée par le management.

Pour éviter que la prévention ne repose uniquement sur la “bonne volonté”, une entreprise peut formaliser un mini-plan saisonnier :

  1. Identifier les zones à forte interaction (accueil, salles, ateliers, véhicules) et y concentrer les moyens.
  2. Définir une routine d’aération et un rappel d’hygiène respiratoire lors des pics.
  3. Réduire le partage d’objets (stylos, casques, badges) ou organiser leur nettoyage.
  4. Clarifier les consignes quand on est symptomatique (prévenir, limiter les contacts, adapter le travail).
  5. Communiquer sans stigmatiser : l’objectif est de protéger l’équipe, pas de pointer du doigt.

Quand ces mesures deviennent des habitudes, l’entreprise limite l’effet domino : moins de contagion, moins d’absences simultanées, et un climat de travail plus serein, même au cœur de l’hiver.

Sur le même sujet : Lavage des mains, aération des locaux… Des gestes très simples pour contrer les maladies hivernales .

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