Les troubles musculosquelettiques ne sont pas une fatalité, pourtant ils représentent aujourd'hui la première cause de maladie professionnelle en France et dans de nombreux pays développés. Que l'on soit derrière un bureau ou sur un chantier, personne n'est totalement à l'abri.
Comprendre les TMS : De quoi parle-t-on ?
Les TMS regroupent des affections qui touchent les structures situées autour des articulations : muscles, tendons, nerfs et ligaments. Ils se manifestent le plus souvent par des douleurs, de la raideur ou une perte de force.
Les zones les plus touchées
- Le dos : Lombalgies (douleurs au bas du dos).
- Les membres supérieurs : Syndrome du canal carpien (poignet), tendinite de l'épaule, épitrochléite (coude).
- Les membres inférieurs : Plus rares, ils concernent souvent les genoux (hygiénistes, poseurs de sol).
Les causes : Un cocktail de facteurs
Contrairement aux idées reçues, les TMS ne sont pas uniquement dus à des gestes répétitifs. Ils résultent d'une combinaison de trois facteurs :
- Facteurs biomécaniques : Postures prolongées, efforts excessifs, gestes répétitifs à haute cadence ou vibrations.
- Facteurs organisationnels : Absence de pauses, délais trop courts, manque de polyvalence dans les tâches.
- Facteurs psychosociaux : Le stress, l'insécurité de l'emploi ou une mauvaise ambiance de travail accentuent la tension musculaire et la perception de la douleur.
Les signaux d'alerte à ne pas ignorer
L'apparition des TMS est souvent progressive. Apprendre à repérer les signes avant-coureurs permet d'éviter le passage à la chronicité :
| Stade | Symptômes | Impact |
|---|---|---|
| Initial | Douleur légère pendant l'effort, disparaît au repos. | Aucun impact sur la productivité. |
| Intermédiaire | Douleur persistante le soir, fatigue localisée. | Début de gêne dans l'exécution des tâches. |
| Avancé | Douleur permanente, même au repos ou la nuit. | Risque d'incapacité de travail prolongée. |
Stratégies de Prévention : Agir avant la douleur
La prévention des TMS repose sur une approche collective et individuelle.
Pour l'employeur : Aménager l'environnement
- Ergonomie du poste : Investir dans des sièges réglables, des repose-pieds ou des outils d'aide à la manutention.
- Organisation du travail : Alterner les tâches pour solliciter des groupes musculaires différents et favoriser l'autonomie.
Pour le salarié : Adopter les bons réflexes
- L'hydratation : Un muscle bien hydraté est moins sujet aux inflammations.
- Les micro-pauses : Se lever, s'étirer ou simplement changer de regard toutes les heures.
- La posture : Garder le dos droit, les pieds à plat et l'écran à hauteur des yeux pour les métiers de bureau.
L'info en plus : Un TMS non soigné peut entraîner une désinsertion professionnelle. La prévention n'est pas un luxe, c'est un investissement pour la santé des salariés et la performance de l'entreprise.
Auteur : Aurélie TAVERNIER, Immersive Factory.