Dans leurs missions quotidiennes, les responsables QSE et HSE ont souvent concentré leurs efforts sur l’ergonomie et la prévention des troubles musculosquelettiques (TMS). Pourtant, une menace plus subtile et largement sous-estimée émerge aujourd’hui : celle du « sédentaire actif ». Ce profil, de plus en plus courant dans nos entreprises numériques, désigne le collaborateur qui pratique une activité physique régulière (course, fitness, yoga…), mais qui passe la majeure partie de sa journée assis devant un écran.
Dissiper la confusion : activité physique ne signifie pas absence de sédentarité
Il est crucial pour les préventeurs de distinguer deux concepts souvent confondus :
- L'inactivité physique : il s'agit du non-respect des recommandations de santé publique en matière d'exercice physique.
- La sédentarité : tout comportement éveillé avec une dépense énergétique inférieure ou égale à 1,5 MET (Metabolic Equivalent of Task), incluant les positions assise ou debout statique.
Ainsi, un cadre peut être « actif » parce qu’il fait du sport deux fois par semaine, tout en restant sédentaire s’il passe 7 heures consécutives à son bureau. Ce paradoxe est particulièrement trompeur : l’activité mentale intense (réunions, analyses) donne l’illusion d’une activité globale, mais l’immobilité physique accumulée entraîne de nombreuses conséquences négatives sur la santé globale.
L'anatomie d'un risque invisible mais chiffré
Pour les comités de direction et les experts HSE, la sédentarité n’est pas seulement un enjeu de bien-être : c’est un facteur de performance et de santé organisationnelle. Les données cliniques de 2025 montrent que l’exposition prolongée à la sédentarité entraîne :
- +34 % de risque de troubles mentaux globaux
- +44 % de symptômes dépressifs
- +83 % de risque d’anxiété, impactant la fluidité opérationnelle
- 2,5 fois plus de risque de burnout
Les conséquences physiques sont tout aussi alarmantes :
- Risque cardiovasculaire : +17 % de mortalité prématurée
- Troubles métaboliques : +112 % de risque de diabète type 2, doublement du risque d’obésité
- Cancers : +24 % du risque de cancer colorectal et augmentation des cancers du sein et de l’endomètre
La sédentarité est responsable d’environ 9 % des décès prématurés dans le monde.
La santé sociale passe aussi par le mouvement
Vous l’aurez compris, la prévention ne peut pas se limiter à des conseils sur le sport en dehors du travail. Le mouvement au bureau doit devenir une norme culturelle. Aujourd’hui, beaucoup de salariés hésitent encore à se lever, par peur d’être perçus comme « ne travaillant pas ».
Le rôle du manager et du HSE est de légitimer le mouvement comme acte professionnel et levier de performance :
- Dénormaliser la chaise : encourager les déplacements, pauses actives et postures variées
- Créer de l’intelligence collective : des outils comme La Fresque du Mouvement sensibilisent les équipes et renforcent l’adhésion durable à la dynamique du mouvement
- Ritualiser le mouvement : réunions marchantes, pauses dynamiques, mobilité active et micro-exercices transforment les interactions sociales et réduisent le stress
Conclusion
Le mouvement n’est pas une option de bien-être, c’est le premier médicament de l’organisation. Réduire le temps assis protège le cœur, l’esprit et le lien social de vos collaborateurs.
Pour accompagner cette transformation, La Fresque du Mouvement propose des ateliers participatifs permettant à vos équipes de comprendre l’impact concret de la sédentarité et d’intégrer le mouvement dans leur quotidien professionnel.
Si vous souhaitez organiser une Fresque du Mouvement dans votre organisation, contactez-nous.
Auteur : Maëlle RANQUET, présidente de l’association La Fresque du Mouvement.Photo de Arlington Research sur Unsplash.