EDF Hydro a fait appel à Coven pour animer une conférence participative sur le sujet des neurosciences appliquées à la sécurité.
Un public volontairement varié, du technicien à l’ingénieur, avec un objectif simple : provoquer une prise de conscience durable, dédramatiser l’erreur humaine, encourager la culture juste et faire comprendre l’utilité des rituels et pratiques de fiabilisation.
Pendant une heure, une idée clé s’est imposée : le problème n’est pas l’humain. Le problème, c’est de croire qu’il peut être parfait.
Un cerveau efficace… mais pas infaillible
Ce que cette conférence met en lumière est assez simple : notre cerveau est conçu pour aller vite.
Pour gérer le quotidien, il trie l’information, automatise les actions et s’appuie sur ce qu’il connaît déjà. Ce fonctionnement est indispensable. Sans lui, chaque décision deviendrait lente et coûteuse.
Mais ce gain d’efficacité a une contrepartie. À force de simplifier, le cerveau peut passer à côté d’éléments importants, agir sans réellement analyser, en se basant sur ses « croyances ».
C’est là que l’erreur apparaît.
Dans beaucoup d’organisations, la réponse aux écarts reste centrée sur la règle : on rappelle, on renforce, on insiste.
Le problème, c’est que cela suppose que chacun est capable d’être attentif en permanence.
Or, dans la réalité du terrain, les décisions sont influencées par bien plus que la connaissance des consignes. Le contexte, le rythme, les habitudes, la formation de chacun ou encore le collectif jouent un rôle déterminant. Le cerveau ne repart pas de zéro à chaque situation : il s’appuie sur des automatismes.
Résultat : même avec les meilleures intentions, il prend parfois des raccourcis inconscients.
Changer de regard pour mieux agir
L’un des apports majeurs de cette approche est là : l’erreur n’est pas une faute humaine isolée, c’est une conséquence logique du fonctionnement humain dans un environnement donné.
Ce changement de perspective est clé. Il permet de sortir d’une logique de culpabilisation pour aller vers une logique de compréhension.
On ne cherche plus uniquement “qui a fait l’erreur”, mais plutôt dans quelles conditions elle est devenue possible.
C’est ici que les rituels de sécurité prennent toute leur valeur.
Ils ne sont pas là pour alourdir le quotidien, mais pour créer des points d’arrêt. Des moments où l’on ralentit volontairement, où l’on reprend du recul, où l’on partage une même lecture de la situation.
Dans un environnement qui pousse à aller vite, ces rituels permettent de remettre un peu de “cerveau lent” dans la décision. Ils aident à sortir de l’automatisme et à rendre visibles des éléments qui ne le sont plus.
Une approche plus réaliste de la sécurité
Au fond, le message est assez clair : la sécurité ne repose pas sur des individus parfaits.
Elle repose sur des systèmes capables de prendre en compte leurs limites.
C’est cette approche qui permet à la fois de dédramatiser l’erreur, de libérer la parole et d’agir plus concrètement sur le terrain.
Et si la vraie question n’était plus : “ Comment faire pour ne plus jamais se tromper ?” Mais plutôt : “ Comment crée-t-on des conditions de travail qui tiennent compte du fonctionnement réel du cerveau humain ?”
Et cela change beaucoup de choses.
Parce que si l’on accepte que l’erreur est humaine, alors on comprend aussi que la solution n’est pas de culpabiliser, mais de fiabiliser.
Pas de pointer du doigt, mais de partager.
Pas de cacher un écart, mais d’en faire une occasion d’apprentissage collectif.
Parce que la sécurité ne repose pas sur des héros infaillibles.
Elle repose sur des équipes lucides, outillées, entraînées et sur des organisations qui savent qu‘il ne suffit pas de compter sur l’attention individuelle.
Il faut construire des barrières, des rituels et du collectif.
Vous voulez faire vivre ce type de prise de conscience dans vos équipes ?
Parlons-en. Prenez rendez-vous juste ici.
Auteur : Eléana GOMEZ, Coven.