La rentrée 2026 s’accompagne de plusieurs évolutions importantes pour les entreprises du BTP. DUERP, santé au travail, amiante, formations, passeport de prévention ou encore aides financières : les employeurs doivent intégrer de nouvelles échéances réglementaires tout en maintenant une prévention adaptée aux réalités des chantiers.
DUERP : une pression réglementaire renforcée pour les entreprises
Le document unique d’évaluation des risques professionnels prend une importance supplémentaire en 2026. Depuis le 27 juin, son absence peut donner lieu à une sanction administrative prononcée directement par l’administration du travail.
L’amende peut atteindre 4 000 euros par salarié concerné et jusqu’à 8 000 euros en cas de récidive dans les deux années suivantes. Cette nouvelle sanction vise aussi les situations dans lesquelles certains risques professionnels ne seraient pas pris en compte dans l’évaluation.
Pour les entreprises du BTP, l’enjeu dépasse largement la conformité documentaire. Le DUERP doit refléter les expositions effectivement rencontrées sur les chantiers : travail en hauteur, manutentions, engins, poussières, produits chimiques, bruit, coactivité ou encore risques liés aux déplacements.
- L’évaluation des risques est obligatoire dès l’embauche du premier salarié.
- Dans les entreprises d’au moins 11 salariés, le document doit être actualisé au minimum une fois par an.
- Une mise à jour est également nécessaire après tout changement important des conditions de travail ou lorsqu’une nouvelle information concernant un risque apparaît.
- Les différentes versions du DUERP doivent être conservées pendant 40 ans.
Un décret doit encore préciser certaines modalités d’application de la nouvelle sanction administrative au cours de l’automne 2026.
Santé au travail : plusieurs règles évoluent pour le suivi des salariés
La rentrée est également marquée par plusieurs changements concernant les arrêts de travail, les maladies professionnelles et l’accompagnement des salariés par les services de prévention et de santé au travail.
Depuis juin 2026, la durée d’un premier arrêt de travail est en principe limitée à 31 jours et celle d’une prolongation à 62 jours, sauf justification médicale particulière. Cette évolution peut modifier le rythme des démarches administratives pour l’entreprise, sans remettre en cause les obligations existantes en matière de maintien de salaire.
Les modalités de reconnaissance des maladies professionnelles évoluent également. Pour le BTP, où les troubles musculosquelettiques, les pathologies liées à l’amiante, au bruit ou à certaines expositions chimiques constituent des enjeux majeurs, cette évolution mérite une attention particulière.
Les règles entourant les visites de préreprise et de reprise ont aussi été adaptées. Dans certaines situations, une visite de reprise peut notamment ne plus être nécessaire lorsqu’une préreprise a été réalisée dans les 30 jours précédant le retour et qu’aucune adaptation individuelle du poste n’a été jugée nécessaire.
Ces dispositifs doivent être considérés comme des outils de prévention de la désinsertion professionnelle. Anticiper le retour d’un salarié permet d’étudier suffisamment tôt les adaptations du poste, l’organisation du travail ou la reprise progressive de certaines activités.
Amiante, formations et passeport de prévention : les échéances à surveiller
Depuis le 1er juillet 2026, de nouvelles dispositions concernant le repérage amiante avant travaux s’appliquent aux ouvrages de génie civil, infrastructures de transport et différents réseaux. La norme NF X 46-102 constitue désormais la référence méthodologique réglementaire pour ces opérations.
L’enjeu concerne de nombreuses entreprises au-delà des spécialistes du désamiantage. Électriciens, plombiers et professionnels intervenant sur des matériaux susceptibles de contenir de l’amiante peuvent également être exposés.
Autre chantier majeur : le passeport de prévention poursuit son déploiement. Après l’ouverture de l’espace employeur en mars 2026 et la mise en place d’un système d’import en masse en juillet, plusieurs échéances sont attendues d’ici la fin de l’année.
- 30 septembre 2026 : fin de certaines opérations de rattrapage déclaratif pour les organismes de formation.
- 31 décembre 2026 : fin de la période transitoire pour les employeurs et vérification des formations enregistrées.
- Quatrième trimestre 2026 : ouverture annoncée de l’accès au passeport pour les travailleurs.
La rentrée constitue donc un moment opportun pour contrôler les recyclages SST, habilitations électriques, CACES, AIPR ou formations amiante. Pour la conduite d’équipements, il faut également rappeler que le CACES ne remplace pas l’autorisation de conduite délivrée par l’employeur après vérification des différentes conditions nécessaires.
Prévention dans le BTP : des financements restent mobilisables
Plusieurs dispositifs financiers peuvent accompagner les petites entreprises souhaitant améliorer leurs conditions de travail. Les aides de l’Assurance Maladie – Risques professionnels permettent notamment aux structures de 1 à 49 salariés de financer une partie de certains équipements et formations.
Selon les dispositifs, la prise en charge peut atteindre 50 % du montant hors taxes de certains équipements de prévention et 70 % pour des formations liées à la sécurité. Les entreprises doivent toutefois vérifier précisément les critères d’éligibilité avant tout investissement.
Le Fonds d’investissement pour la prévention de l’usure professionnelle poursuit également son déploiement. Il vise notamment les actions permettant de réduire les facteurs de risques ergonomiques et les troubles musculosquelettiques, particulièrement présents dans les métiers du bâtiment.
La rentrée peut ainsi être utilisée pour établir un véritable plan d’action prévention :
- Revoir le DUERP et vérifier sa cohérence avec le travail réellement effectué.
- Contrôler les dates de validité des formations, habilitations et autorisations.
- Identifier les travaux nécessitant un repérage amiante avant intervention.
- Préparer les déclarations et vérifications liées au passeport de prévention.
- Rechercher les aides disponibles avant d’investir dans de nouveaux équipements.
Ces différentes évolutions s’inscrivent dans le cinquième Plan santé au travail 2026-2030, qui place notamment la prévention des accidents graves et mortels et le développement de la prévention primaire parmi ses priorités. Pour le BTP, le défi reste de transformer ces obligations et dispositifs en mesures réellement opérationnelles sur les chantiers.
Auteur : Inforisque.

