Rester assis plusieurs heures par jour paraît anodin, mais cette exposition répétée peut avoir des conséquences durables sur la santé. Au travail, la prévention de la sédentarité passe moins par la recherche d’une posture parfaite que par l’organisation régulière du mouvement.
La sédentarité au travail, un risque encore sous-estimé
Avec le développement du travail sur écran, des outils numériques et de certaines activités de conduite ou de surveillance, de nombreux salariés passent une part importante de leur journée en position assise.
Le risque ne dépend pas uniquement de la posture. Une situation est considérée comme sédentaire lorsqu’elle associe une position assise ou allongée maintenue dans le temps à une dépense énergétique très faible.
Cette exposition concerne évidemment les activités tertiaires, mais également de nombreux postes dans l’industrie, la logistique, le transport ou certains environnements de production.
Parce qu’elle est souvent vécue comme peu contraignante, la position assise prolongée peut être moins facilement identifiée comme un facteur de risque professionnel.
Quels effets sur la santé des salariés ?
Une exposition importante aux postures sédentaires est associée à différents effets sur la santé. Elle peut notamment contribuer à augmenter le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, d’obésité, de certains cancers ou encore de troubles musculosquelettiques.
Le maintien prolongé d’une même position peut également favoriser des douleurs ou inconforts au niveau du dos, de la nuque et des membres inférieurs. Des effets sur la santé mentale sont également évoqués lorsque la sédentarité s’inscrit dans des organisations du travail laissant peu de possibilités de mouvement.
Un point mérite une attention particulière : pratiquer une activité physique en dehors du travail ne suffit pas nécessairement à effacer les effets d’une exposition sédentaire importante au cours de la journée professionnelle.
La priorité : interrompre régulièrement les périodes assises
La prévention commence par l’identification des postes où les salariés restent assis pendant de longues périodes avec très peu de déplacements.
Deux objectifs peuvent alors guider les actions :
- interrompre régulièrement les périodes prolongées en position assise ;
- réduire autant que possible le temps total passé en situation sédentaire au cours de la journée.
L’enjeu n’est donc pas de remplacer systématiquement la position assise par la position debout. Rester debout de manière statique pendant plusieurs heures peut également générer des contraintes.
La logique de prévention repose plutôt sur l’alternance : s’asseoir, se lever, marcher quelques minutes, changer de tâche ou modifier son environnement de travail.
Organisation, espaces et postes de travail : plusieurs leviers possibles
La réduction de la sédentarité ne doit pas reposer uniquement sur la volonté individuelle des salariés. L’organisation du travail doit rendre le mouvement possible.
- Alterner les activités : organiser les tâches de manière à éviter plusieurs heures consécutives dans la même position.
- Favoriser les déplacements : repositionner certains équipements ou organiser certaines activités de façon à créer des occasions de marcher.
- Adapter les réunions : permettre l’alternance entre position assise et debout lorsque le contexte le permet.
- Aménager les postes : utiliser, lorsque cela est pertinent, du mobilier réglable permettant de varier les positions.
- Prévoir des interruptions : intégrer des pauses courtes avec mouvement au fonctionnement normal de l’activité.
- Sensibiliser les équipes : expliquer les risques liés à l’immobilité prolongée et les moyens concrets de les réduire.
Cette problématique sera notamment au cœur de la journée technique organisée par l’INRS le 13 octobre 2026, consacrée à la prévention des risques liés aux postures sédentaires au travail.
Auteur : Inforisque.

