Sédentarité mentale® : un risque encore mal identifié...

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Et si, au-delà de l’inactivité physique, le véritable enjeu était devenu… l’inactivité cognitive ?

Une problématique connue… mais encore incomplète

La sédentarité physique est aujourd’hui largement identifiée comme un facteur majeur de risques pour la santé.

Rester assis trop longtemps, répéter les mêmes postures, limiter ses mouvements : les conséquences sont bien documentées : troubles musculosquelettiques (TMS), fatigue, baisse de l’énergie, voire pathologies chroniques.

Selon l’INRS, le maintien prolongé de postures statiques et la faible variabilité des mouvements favorisent directement l’apparition de TMS et participent à la dégradation de la santé au travail.

Pour y répondre, les entreprises ont progressivement mis en place :

  • des pauses actives
  • des actions de sensibilisation
  • des aménagements ergonomiques

Mais ces approches, bien que pertinentes, ne traitent qu’une partie du problème.

Car une autre forme de sédentarité, plus discrète mais tout aussi impactante, reste largement sous-estimée : une forme d’inertie qui ne concerne plus le corps… mais le fonctionnement mental.

La sédentarité mentale : un concept proposé

Par analogie avec la sédentarité physique, il est possible d’identifier un phénomène encore peu décrit dans le monde professionnel :

Ce que nous proposons de désigner comme la “sédentarité mentale®

Ce concept, développé dans le cadre des travaux menés par Cinésis Solutions Prévention, décrit une situation dans laquelle un individu :

  • reste enfermé dans ses schémas de pensée habituels
  • mobilise de manière répétée les mêmes stratégies cognitives
  • fonctionne en pilotage automatique
  • limite sa capacité d’adaptation
  • reste dans sa zone de confort mentale

À court terme, ce fonctionnement peut sembler efficace.

Mais à moyen et long terme, il entraîne une forme d’usure progressive.

Comme pour le corps, ce n’est pas l’absence d’activité qui pose problème, mais l’absence de variabilité et d’adaptation.

Une notion en cours de structuration

À ce jour, la “sédentarité mentale” ne correspond pas à une notion formalisée dans les référentiels scientifiques ou réglementaires.

Elle constitue une proposition conceptuelle issue du terrain, visant à mieux décrire certains mécanismes observés en entreprise comme dans le sport de haut niveau.

Nommer un phénomène, c’est déjà permettre de mieux le comprendre… et donc de mieux agir.

Un parallèle direct avec la sédentarité physique

Sur le plan physique, rester dans une position prolongée entraîne :

  • une diminution de la circulation
  • une rigidification des tissus
  • une augmentation des contraintes mécaniques
  • une perte de mobilité

C’est pourquoi il est recommandé de :

  • changer régulièrement de position
  • mobiliser différentes chaînes musculaires
  • varier les sollicitations

Le cerveau fonctionne selon une logique comparable.

Quand le mental se rigidifie

Un fonctionnement cognitif répétitif entraîne :

  • une surcharge de certains circuits
  • une sous-utilisation d’autres capacités
  • une perte de flexibilité mentale
  • une fatigue cognitive accrue

Le cerveau ne manque pas d’activité… il manque de diversité dans son fonctionnement.

Ce qui amène à la sédentarité mentale

La recherche de performance immédiate

Les environnements professionnels valorisent l’efficacité rapide. Les individus utilisent donc en priorité les stratégies qu’ils maîtrisent, au détriment de la variabilité.

Le stress

Le stress modifie profondément le fonctionnement physiologique et cognitif : respiration plus rapide, augmentation du tonus musculaire, altération de la coordination.

Ces mécanismes sont bien connus dans les démarches de prévention des RPS, notamment par l’INRS et l’ANACT.

Sous stress, l’individu simplifie, automatise et réduit sa capacité d’adaptation.

Le manque de connaissance de soi

Les collaborateurs ignorent souvent leur fonctionnement naturel et leurs besoins cognitifs et moteurs. Ils compensent au lieu de s’appuyer sur leurs ressources.

L’organisation du travail

Des environnements rigides, peu adaptatifs, limitent la possibilité de varier les modes de fonctionnement.

Une usure progressive et silencieuse

Sur le plan cognitif :

  • fatigue mentale
  • perte de concentration
  • baisse de créativité

Sur le plan émotionnel :

  • lassitude
  • démotivation
  • irritabilité

Sur le plan organisationnel :

  • désengagement
  • tensions
  • inefficacité collective

Et à terme :

 burn-out, bore-out, brown-out

Trois formes différentes d’un même mécanisme : un décalage entre fonctionnement naturel et environnement.

Le rôle fondamental du mouvement

Le lien entre corps et cerveau est aujourd’hui largement établi.

Le mouvement agit directement sur :

  • l’activation cérébrale
  • la coordination
  • l’attention
  • la régulation émotionnelle

Bouger, ce n’est pas seulement mobiliser le corps, c’est aussi réactiver le cerveau !

Ce que montre le sport de haut niveau

Dans le sport de haut niveau, ces principes sont pleinement intégrés.

Des institutions comme l’INSEP s’appuient sur une approche individualisée de la performance, prenant en compte :

  • les capacités physiques
  • les caractéristiques cognitives
  • les stratégies d’adaptation

Les athlètes ne cherchent pas à standardiser leur fonctionnement, mais à l’optimiser.

Le flow : l’opposé de la sédentarité mentale

Le concept de flow, développé par Mihály Csíkszentmihályi, décrit un état d’engagement optimal dans lequel :

  • l’action devient fluide
  • la concentration est maximale
  • l’engagement est total
  • l’effort semble naturel

Il traduit un équilibre entre performance et bien-être.

Ce que montre le sport, c’est que le flow résulte d’un alignement entre :

  • l’individu
  • la tâche
  • l’environnement

Retrouver son fonctionnement naturel

Sortir de la sédentarité mentale ne consiste pas à en faire plus mais il s’agit de fonctionner différemment, et surtout en cohérence avec son fonctionnement naturel.

Le rôle des préférences motrices et cognitives

Chaque individu possède une organisation neuro-motrice spécifique qui influence :

  • sa manière de bouger
  • sa façon de penser
  • sa prise de décision
  • sa gestion du stress

Les travaux de Carl Gustav Jung ont mis en évidence des différences fondamentales dans les modes de perception et de décision.

Ces approches ont été prolongées dans des méthodes modernes comme Action Types, développée par Ralph Hippolyte et Bertrand Theraulaz.

Cette méthode repose sur une idée centrale : le fonctionnement humain est global, individualisé et observable.

Une lecture concrète du fonctionnement

Les préférences motrices et cognitives peuvent être identifiées à travers :

  • la posture spontanée
  • la coordination
  • les rythmes de mouvement
  • les stratégies en situation

Lorsqu’elles sont respectées :

  • efficacité
  • fluidité
  • moindre fatigue

Lorsqu’elles sont ignorées :

  • compensations
  • surcharge
  • usure

Une réponse opérationnelle : l’intelligence motrice et décisionnelle®

Dans cette logique, Cinésis a développé une approche spécifique : la formation “Intelligence motrice et décisionnelle®

Elle permet de :

  • établir le profil moteur et cognitif
  • comprendre les besoins individuels
  • adapter les gestes, les postures et les organisations
  • accompagner les individus et les équipes

Des leviers concrets à court terme

Pour lutter contre la sédentarité mentale, certaines actions simples peuvent être mises en place :

  • introduire de la variabilité dans les tâches
  • alterner réflexion et action
  • réactiver le corps par le mouvement
  • mettre en place des temps d’échange (causeries)

Objectif : sortir du pilotage automatique.

Une démarche de fond

À plus long terme, il s’agit de structurer une approche globale :

  • mieux se connaître
  • identifier ses préférences
  • adapter son environnement de travail
  • construire des plans d’action individualisés
  • favoriser le travail d’équipe et la compréhension des profils

L’objectif n’est pas de standardiser les pratiques mais de les adapter aux individus

Vers une nouvelle approche de la prévention

La sédentarité mentale met en évidence une limite majeure des démarches actuelles :

Traiter les conséquences sans agir sur les mécanismes

Demain, la prévention devra intégrer :

  • le corps
  • le cerveau
  • le fonctionnement individuel

Conclusion

La sédentarité physique a profondément transformé notre manière d’aborder la santé au travail.

La sédentarité mentale pourrait bien en être le prolongement naturel :

  • Rester immobile use et s’adapter construit
  • Rester immobile physiquement use le corps et rester immobile mentalement use l’individu.

Finalement optimiser un geste ou une organisation sans comprendre l’individu, c’est corriger une conséquence sans traiter la cause.

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