“Les serious games, c’est sympa… mais est-ce que ça marche vraiment ?”
C’est une question que beaucoup de professionnels de la prévention se posent. Et elle est légitime.
Parce qu’entre les affiches, les causeries, les modules e-learning, les quarts d’heure sécurité, les vidéos et les procédures, les entreprises ne manquent pas d’outils pour parler sécurité au travail.
Mais une question reste centrale : qu’est-ce que les équipes retiennent vraiment ?
Dans un épisode du podcast AFNOR Parcours Croisés, animé par Benoît Kriegel, Julie Cutillas, fondatrice de Coven, revient sur la place des serious games en prévention des risques et sur ce qui fait réellement leur efficacité.
Le serious game, ce n’est pas juste “mettre du jeu” dans la prévention
Dans cet échange, Julie rappelle une idée essentielle : un serious game efficace ne consiste pas à ajouter des points, des cartes ou un chronomètre à un sujet sérieux.
Le jeu n’est pas là pour “faire fun”.
Il est là pour créer de l’engagement, du débat et de la prise de conscience.
Un bon serious game en prévention doit permettre aux participants de :
- vivre une situation proche du terrain ;
- prendre une décision sans danger réel ;
- confronter leurs perceptions ;
- comprendre les conséquences de leurs choix ;
- transformer l’expérience en apprentissage grâce au débrief.
C’est précisément là que la ludopédagogie prend tout son sens : elle ne se contente pas de transmettre un message sécurité, elle permet de le faire vivre.
Pourquoi le jeu peut mieux engager les équipes ?
Dans le podcast, Julie explique que le jeu a un avantage majeur : il donne un rôle à chacun.
Fini les participants en posture passive, bras croisés, qui attendent que la sensibilisation se termine.
Avec un serious game, les équipes observent, choisissent, argumentent, débattent, se trompent parfois, puis comprennent ce qui se joue réellement dans une situation à risque.
Et c’est là que l’impact devient plus fort.
Parce qu’un message sécurité simplement entendu peut être oublié.
Mais une situation vécue, discutée et débriefée laisse davantage de traces.
L’émotion, l’implication et le feedback immédiat jouent un rôle important dans la mémorisation. C’est ce qui permet de passer d’un message descendant à une vraie expérience pédagogique.
Avant de choisir un format, il faut clarifier le besoin
Autre point fort de l’épisode : Julie insiste sur l’importance du cadrage.
Chez Coven, beaucoup de clients arrivent avec une idée déjà précise :
“On veut un escape game.”
“On veut un jeu de cartes.”
“On veut un atelier digital.”
Mais la vraie question n’est pas d’abord celle du format.
Avant de concevoir un serious game sécurité, il faut comprendre :
- à qui s’adresse le jeu ;
- qui va l’animer ;
- dans quel contexte il sera utilisé ;
- quelles contraintes terrain il faut intégrer ;
- quels messages doivent vraiment être retenus ;
- quels comportements on cherche à faire évoluer.
C’est souvent dans ces détails que se joue la réussite du dispositif.
Un escape game peut être très pertinent dans certains contextes.
Mais dans d’autres, un jeu de cartes, un atelier court ou un format digital sera beaucoup plus efficace.
Le format ne doit donc jamais être choisi pour lui-même.
Il doit servir l’objectif pédagogique.
Déchiantiser la prévention sans la rendre moins sérieuse
Dans cet épisode, Julie revient aussi sur une formule qui résume bien l’approche Coven : déchiantiser la prévention.
L’idée n’est pas de rendre les sujets sécurité moins importants.
Au contraire.
Il s’agit de les rendre plus vivants, plus concrets et plus engageants pour les équipes.
Parce que sur le terrain, les décisions ne se prennent pas toujours dans des conditions idéales. Il y a des habitudes, des imprévus, de la pression, des contraintes de temps et parfois un collectif qui minimise le risque.
Le serious game permet justement de remettre ces situations au centre de l’apprentissage.
Il aide à questionner les réflexes, les automatismes, les angles morts et les décisions prises trop vite.
Alors, est-ce que les serious games en prévention fonctionnent vraiment ?
Oui, mais pas à n’importe quelle condition.
Un serious game fonctionne lorsqu’il part du terrain, lorsqu’il met les participants face à des situations crédibles, lorsqu’il crée de l’échange et lorsqu’il est suivi d’un vrai débrief.
Sinon, il risque de rester une animation sympathique… mais sans impact durable.
Dans cet épisode d’AFNOR Parcours Croisés, Julie Cutillas partage la vision de Coven sur la ludopédagogie, les serious games et leur rôle dans la prévention des risques.
Un échange court, concret et utile pour toutes celles et ceux qui cherchent à rendre leurs actions de prévention plus engageantes.
Découvrez le podcast AFNOR Parcours Croisés avec Julie Cutillas, fondatrice de Coven, sur les serious games en prévention, la ludopédagogie et l’engagement des équipes sécurité.Écouter l’épisode juste ici.
Auteur : Coven.
