Bienvenue sur Inforisque la première marketplace santé et sécurité au travail
bannière antivol d'extincteur
bannière parechocs-sensibles de sécurité
Retour aux articles

Cyberdépendances : mieux comprendre et appréhender ces phénomènes

Suite à la pandémie de COVID-19, le sujet des cyberdépendances est plus que jamais au centre des débats. Cette période a favorisé le développement du télétravail et de l’école à la maison, exacerbant ainsi la dépendance de tout un chacun aux écrans. Mais une cyberdépendance c'est quoi ? Et comment pouvons-nous l’identifier et la traiter ? On vous dit tout !

Qu’est-ce qu’une cyberdépendance ?

La cyberdépendance se caractérise par une dépendance, c’est-à-dire un besoin irrépressible de pratiquer des activités en ligne ou l’usage des écrans.

On distingue deux grandes familles d’addictions : les addictions aux substances psychoactives (alcool, tabac, cannabis, etc.) et les addictions comportementales. Les addictions comportementales, ou les addictions sans produit, mobilisent les mêmes mécanismes psychologiques et neurobiologiques que les addictions aux substances psychoactives, à savoir le détournement des circuits neuronaux du plaisir et de la récompense et la création du manque et de l’accoutumance.

Cependant, les cyberdépendances revêtent une dimension plus insidieuse car elles ne font pas l’objet d’une stigmatisation de la société, mais sont souvent le prolongement de pratiques socialement reconnues et encouragées. Forte implication au travail ou workaholisme ? Quelques sessions de jeux vidéo en tant qu’hobby ou réel investissement qui supplante toutes les autres sphères de la vie du joueur ?

Elles sont d’autant plus insidieuses que cette reconnaissance sociale conforte les personnes cyberdépendantes dans la prolongation de leurs pratiques, et favorisent le déni de dépendance. L’hyperconnexion dans le cadre du travail est d’ailleurs souvent socialement encouragée car associée à une notion de performance, d’immédiateté etc.

Ainsi, dans une étude Odoxa-GAE Conseil (Octobre 2022) sur les cyberdépendances, on constate que 28% des Français interrogés ont des pratiques à risque en lien avec l’usage des écrans, mais seulement 14% d’entre eux reconnaissent être dépendants.

Étude Odoxa-GAE Conseil 2022

Quelles sont les cyberdépendances ?

La frontière est parfois floue entre pratiques à risques ou dépendance avérée et il n’est pas toujours simple de le reconnaître, d’en parler et de faire les démarches vers une meilleure appréhension de ces pratiques. Distinguons tout d’abord ce qui relève de l’hyperconnexion et ce qui relève d’une cyberaddiction. L’hyperconnexion correspond à un temps écran important à des fins professionnelles et privées / récréatives souvent au-delà de 7h30 au quotidien. L’hyperconnexion n’est pas sans impact sur la santé psychologique et physique mais ne relève pas d’une dépendance. L’addiction est, elle, une maladie chronique qui se caractérise par des symptômes de manque à l’arrêt et autres conséquences comme dans toute autre addiction.

Il n’existe pas une mais des cyberdépendances. On retrouve notamment :

  • Jeux d’argent et de hasard en ligne
  • Réseaux sociaux
  • Jeux vidéo
  • Nomophobie (ou peur d’être séparé de son téléphone portable qui devient un e-doudou)
  • Pornographie et activités sexuelles en ligne
  • Achats compulsifs en ligne
  • Binge-watching (regarder plusieurs épisodes d’une série en une session de visionnage)
  • Workaholisme (dépendance au travail)

Chacune de ces activités peuvent faire l’objet d’une dépendance et causer des dégâts dans la sphère familiale, sociale et professionnelle. Dégradation de l’hygiène de vie (sommeil, alimentation…), isolement social, irritabilité, capacité de concentration réduite, productivité en baisse et travail de moins bonne qualité, tant de conséquences qui peuvent être dramatiques pour la personne cyberdépendante.

Ainsi, toujours selon la même étude Odoxa-GAE Conseil, 40% des Français interrogés ont des effets négatifs sur leur vie personnelle du fait de leurs activités en ligne. Ces chiffres sont d’autant plus frappants lorsqu’on les regarde de plus près. Parmi les 40% concernés, 67% ont entre 18 et 35 ans, la génération qui a lu plus grandit avec les écrans. On peut donc supposer que ces chiffres ne tendent pas à s’améliorer au vu de l’exposition des enfants aux écrans de plus en plus temps, et du vieillissement des personnes déjà touchées par les cyberdépendances.

Comment prévenir les cyberdépendances en entreprise ?

Comme avancé précédemment, les cyberdépendances peuvent avoir de sérieuses conséquences dans la sphère familiale, sociale mais aussi professionnelle. Ignorance sur le sujet, difficultés à s’ouvrir à ses collègues, peur du regard des autres, autant de facteurs qui peuvent pousser le cyberdépendant à l’isolement.

En effet selon une étude Elabe-GAE Conseil (Novembre 2019) sur l’impact des pratiques addictives au travail, 70% des salariés Français disent ne pas disposer d’assez d’informations autour des addictions, des risques associés, et de la manière d’aborder le sujet avec leurs collègues.

Cet isolement est très dangereux pour le cyberdépendant car comme le dit Alexis Peschard, addictologue et président de GAE Conseil, dans son livre « Tous accros aux écrans ; Cyberdépendances : que faire et comment en sortir ? » : « Pour autant, ne pas aborder le sujet, c’est valider de manière inconsciente que tout va bien : si personne n’en parle, c’est donc un non-sujet. Ainsi, bien souvent la personne dépendante est celle dont tout le monde parle mais à qui on ne parle plus ».

Il est donc primordial de sensibiliser et de mener des actions de prévention collectives dans les entreprises pour informer, former et accompagner les salariés sur le sujet des cyberdépendances.

GAE Conseil propose un nouvel atelier de sensibilisation sur les enjeux liés aux écrans, à l’hyperconnexion et plus globalement aux cyberdépendances : Addicto’Pixels. Un jeu géant par équipes où les salariés pourront en apprendre plus et échanger sur le sujet, et prendre conscience des différents enjeux en matière de santé publique et des conséquence sur la vigilance sur la route, au travail, sur le sommeil, les TMS, la santé psychologique etc. Il est également essentiel de former la ligne managériale à ces nouveaux enjeux de santé pour l’entreprise.

Les derniers produits des risques professionnels

Réagissez en laissant votre commentaire !