Près d’un salarié sur deux se déclare en détresse psychologique. Face à cette réalité, les entreprises sont contraintes de repenser leur approche de la prévention. Détection précoce, accompagnement personnalisé et outils scientifiques deviennent des piliers essentiels pour protéger durablement la santé mentale au travail.
Un contexte alarmant pour la santé psychologique des salariés
Les signaux d’alerte se multiplient. Selon le 15e baromètre d’Empreinte Humaine, 47 % des salariés présentent un état de détresse psychologique en 2025, dont 14 % à un niveau élevé. Cette progression confirme une tendance préoccupante pour les acteurs de la prévention des risques professionnels.
La dégradation du climat économique, les incertitudes géopolitiques, la pression sur le pouvoir d’achat et les séquelles persistantes de la crise sanitaire alimentent un environnement anxiogène. Dans ce contexte, les troubles anxieux, les épisodes dépressifs et l’épuisement professionnel ne relèvent plus de situations isolées mais d’un phénomène structurel.
Les conséquences sont multiples :
- Augmentation des arrêts de travail, notamment de longue durée
- Baisse de la productivité et désengagement progressif
- Tensions au sein des équipes
- Risque accru d’accidents liés à une baisse de vigilance
La santé mentale devient ainsi un enjeu central de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) et de la performance globale des organisations.
Un outil scientifique pour détecter les fragilités avant la rupture
Pour répondre à cette problématique, CCMO Mutuelle propose aux entreprises un dispositif structuré de détection et d’accompagnement de la santé mentale. Au cœur de cette approche : un questionnaire scientifique en ligne, confidentiel, conçu par la société Holicare et baptisé Holitest.
L’objectif n’est pas de poser un diagnostic médical, mais d’identifier précocement des signaux faibles de détresse psychologique. Cette détection en amont permet d’éviter l’installation de troubles plus sévères et de déclencher, si nécessaire, un accompagnement adapté.
L’efficacité du dispositif repose sur plusieurs éléments :
- Une évaluation standardisée validée scientifiquement
- Une confidentialité totale des réponses
- Des parcours personnalisés en fonction des résultats
- Un accompagnement humain mobilisable en cas de besoin
Entre 2023 et 2024, une étude interventionnelle menée auprès de 3 420 salariés a mis en évidence l’intérêt d’une prise en charge précoce : 91 % des personnes accompagnées ne présentaient plus de symptômes anxio-dépressifs à l’issue du parcours. Ces résultats soulignent l’impact concret d’une stratégie structurée de prévention.
Le dispositif est aujourd’hui accessible à l’ensemble des entreprises, adhérentes ou non, après étude et validation d’un devis. Une démarche qui s’inscrit dans une logique proactive plutôt que curative.
Retour d’expérience : quand la prévention devient exemplaire
L’expérimentation menée par Présoa, service de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) implanté dans l’Oise et l’Aisne, illustre les bénéfices d’une telle approche. L’organisme, qui suit près de 290 000 salariés, a choisi de proposer l’outil à ses 300 collaborateurs.
En un an, 211 salariés ont réalisé l’Holitest. Les résultats montrent que 21 collaborateurs ont identifié une situation nécessitant une attention particulière et ont engagé une démarche adaptée. Pour ces salariés, le dispositif a permis :
- Une meilleure compréhension de leur état psychologique
- L’accès à des ressources ciblées
- Un parcours personnalisé
- Un accompagnement pluridisciplinaire lorsque nécessaire
Au-delà des chiffres, l’impact humain est notable. Certains participants évoquent une prise de conscience salutaire et la redécouverte de l’écoute de soi. L’approche globale intégrant notamment l’hygiène de vie et l’alimentation montre que la santé mentale ne peut être dissociée de la santé physique.
Pour un acteur de la prévention comme Présoa, tester ce dispositif en interne constituait également un préalable à sa recommandation auprès des entreprises accompagnées. Cette logique d’exemplarité renforce la crédibilité du message de prévention.
La santé mentale, priorité nationale et enjeu stratégique pour 2026
La reconnaissance institutionnelle de la santé mentale comme grande cause nationale prolongée jusqu’en 2026 confirme l’importance du sujet. Cette décision gouvernementale vise à inscrire durablement la prévention des troubles psychiques au cœur des politiques publiques.
Par ailleurs, une enquête IFOP menée en 2025 révèle que trois salariés sur quatre ont déjà ressenti un trouble de santé mentale en lien avec leur travail au cours des cinq dernières années. Beaucoup déclarent que ces difficultés ont eu un impact direct sur leur activité professionnelle : réduction du temps de travail, absences ponctuelles ou arrêts prolongés.
Dans ce contexte, les entreprises ne peuvent plus se limiter à des actions ponctuelles de sensibilisation. Elles doivent intégrer la santé mentale dans leur politique globale de gestion des risques professionnels :
- Identifier les facteurs organisationnels générateurs de stress
- Former les managers à la détection des signaux faibles
- Mettre à disposition des outils d’auto-évaluation fiables
- Faciliter l’accès à un accompagnement confidentiel
En renforçant ses actions de prévention, CCMO Mutuelle s’inscrit dans cette dynamique de transformation. L’enjeu dépasse la simple réduction des arrêts maladie : il s’agit de construire des environnements de travail durables, capables de préserver l’équilibre psychologique des salariés tout en soutenant la performance collective.
Auteur : Inforisque.Sur le même sujet : Grande Enquête sur la santé mentale au travail.