Intelligence motrice et décisionnelle® : pourquoi l’avenir de la prévention et de la performance passe par l’individualisation

Classé dans la catégorie : Général

Pendant longtemps, que ce soit dans le sport ou dans le monde du travail, nous avons construit nos méthodes sur une idée simple : il existerait une bonne manière de faire.
Une bonne posture.
Une bonne technique.
Une bonne façon de communiquer.
Une bonne manière de manager.

Puis nous avons demandé à tout le monde de s’en rapprocher.

Le problème, c’est que cette logique fonctionne rarement. Ou seulement pour une partie des individus.

Car en réalité, il n’existe pas une seule façon de performer.
Chaque individu possède son propre mode de fonctionnement, sa manière d’utiliser son corps, de traiter l’information, de prendre des décisions, de gérer son énergie et son stress.

C’est précisément cette idée qui est au cœur de l’Intelligence motrice et décisionnelle®, l’approche développée par Cinésis.

Notre objectif n’est pas de demander à chacun de rentrer dans une norme.
Notre objectif est de comprendre comment chacun fonctionne pour lui permettre d’exprimer le meilleur de lui-même, sans se blesser, sans s’épuiser et sans renoncer à ce qui lui est naturel.

La limite des approches fondées sur la moyenne

Dans le monde du travail, la majorité des outils sont encore conçus pour « la moyenne ».

On définit un poste type, une posture type, une procédure type, puis on considère que cela devrait convenir à tous.

Mais l’être humain n’est pas une moyenne.

Deux collaborateurs placés sur un même poste peuvent réagir de manière totalement différente :

  • l’un se sentira à l’aise et performant
  • l’autre développera rapidement des douleurs, de la fatigue ou une perte de motivation

Pourtant, ils feront exactement la même chose.

Pourquoi ?

Parce qu’ils ne fonctionnent pas de la même manière.

L’un a besoin de bouger davantage, l’autre d’avoir plus de repères.
L’un traite plus facilement les informations visuelles, l’autre les informations auditives ou kinesthésiques.
L’un prend naturellement des décisions dans l’action, l’autre a besoin d’anticiper davantage.

Vouloir imposer un même mode de fonctionnement à tout le monde revient à demander à certains individus de travailler en permanence contre leur propre nature.
Et c’est souvent là que commencent les difficultés :

  • fatigue
  • compensations
  • douleurs
  • tensions relationnelles
  • perte d’efficacité
  • désengagement

L’Institut national de recherche et de sécurité rappelle d’ailleurs que les troubles musculosquelettiques ne dépendent jamais d’un seul facteur, mais d’une combinaison de contraintes biomécaniques, organisationnelles, psychosociales… et individuelles.

Ce que le sport de haut niveau nous a appris

J’ai pu observer cette réalité pendant des années dans le sport de haut niveau.

Pendant longtemps, tous les quatre ans, après les Jeux olympiques, le même phénomène se reproduisait.

On regardait la finale du 100 mètres en athlétisme.
On observait le champion olympique.
Puis on tentait de reproduire sa technique : sa foulée, sa posture, son placement, son geste.

Comme si la réussite d’un individu devait automatiquement devenir la référence pour tous les autres.

Mais lorsqu’on regarde attentivement une finale olympique du 100 mètres, on remarque quelque chose d’évident : aucun champion ne court de la même manière.

Certains sont très relâchés.
D’autres très explosifs.
Certains ont une attaque de pied très spécifique.
D’autres une fréquence plus importante.
Certains ont une grande amplitude.
D’autres sont plus compacts.

Et pourtant, ils performent tous au plus haut niveau.

Pourquoi ?

Parce qu’ils ne cherchent pas à reproduire une technique idéale.
Ils cherchent à optimiser leur propre manière de fonctionner.

C’est une idée fondamentale.

La performance ne vient pas du fait de ressembler à quelqu’un d’autre.
Elle vient du fait d’être pleinement aligné avec sa propre organisation.

Les équipes de l’Institut national du sport, de l'expertise et de la performance travaillent aujourd’hui dans cette logique d’individualisation. Elles s’appuient sur des tests physiques et psychomoteurs pour établir une véritable « carte d’identité » du sportif afin d’adapter les contenus d’entraînement, réduire le risque de blessure et améliorer la performance.

Adapter l’entraînement… chaque jour

Dans le sport de haut niveau, nous savons qu’il ne suffit pas de construire un programme.

Il faut encore savoir l’adapter.

Un athlète fatigué ne s’entraîne pas comme un athlète frais.
Un athlète stressé ne prend pas les mêmes décisions.
Un athlète en manque de confiance ne réagit pas de la même manière.

L’entraînement efficace n’est donc pas seulement une question de contenu.
C’est une question d’ajustement permanent.

Parfois, il faut plus d’intensité.
Parfois, plus de récupération.
Parfois, davantage de mouvement.
Parfois, davantage de structure.

L’important n’est pas de suivre un plan à tout prix.
L’important est de répondre au besoin réel de la personne, au moment où elle en a besoin.

C’est exactement la philosophie de l’Intelligence motrice et décisionnelle®.

Une approche inspirée des préférences motrices et cognitives

Notre approche s’inspire notamment des travaux de Carl Gustav Jung sur les différences de perception et de décision, mais aussi de la méthode Action Types développée par Ralph Hippolyte et Bertrand Theraulaz.

L’idée centrale de cette approche est simple :

Chaque individu possède des préférences motrices, cognitives et émotionnelles.

Autrement dit :

  • une manière préférentielle de bouger
  • une manière préférentielle de recevoir l’information
  • une manière préférentielle de décider
  • une manière préférentielle de gérer son énergie

Lorsque ces préférences sont respectées, la personne gagne en :

  • fluidité
  • efficacité
  • confort
  • confiance
  • disponibilité

Lorsqu’elles sont ignorées, elle compense.
Et les compensations ont toujours un coût :

  • douleurs
  • fatigue
  • surcharge mentale
  • perte de performance

L’ergonomie personnalisée : quand le poste de travail s’adapte enfin à l’individu

L’ergonomie de demain ne consistera plus seulement à appliquer les mêmes réglages à tout le monde.

Aujourd’hui, on installe généralement un bureau, un écran ou une souris selon une norme considérée comme « idéale ». Pourtant, il n’est pas rare qu’une personne se sente immédiatement à l’aise alors qu’une autre développe rapidement des tensions cervicales, une fatigue visuelle ou des douleurs au niveau des épaules.

Pourquoi ? Parce que nous ne prenons pas tous l’information de la même manière.

Certaines personnes ont une zone préférentielle de prise d’information légèrement décalée à droite, d’autres à gauche, d’autres encore plus basse ou plus haute. Lorsqu’un écran est placé de manière standard, certains doivent inconsciemment tourner la tête, fléchir davantage les cervicales ou compenser avec les épaules pour replacer l’écran dans leur champ visuel naturel.

C’est aussi pour cette raison qu’une personne sera parfaitement à l’aise avec un ordinateur portable alors qu’une autre devra constamment forcer sur ses cervicales pour retrouver son axe de vision.

La même logique s’applique aux outils dits « ergonomiques ». Une souris verticale conviendra parfaitement à certaines personnes, tandis que d’autres seront beaucoup plus efficaces et relâchées avec une souris horizontale classique.

L’objectif n’est donc plus de trouver le meilleur outil pour tout le monde, mais le bon outil pour la bonne personne.

L’Intelligence motrice et décisionnelle® propose justement d’observer comment la personne regarde, bouge et prend l’information afin d’adapter ensuite le poste de travail à son fonctionnement réel.

Demain, nous ne demanderons plus à la personne de s’adapter au poste.

Nous adapterons le poste à la personne.

Une révolution pour le management

Cette approche transforme également la manière de manager.

Pendant longtemps, on a pensé qu’un bon manager devait parler de la même manière à tout le monde.

Mais là encore, cela ne fonctionne pas.

Certaines personnes ont besoin d’autonomie.
D’autres ont besoin d’être rassurées.
Certaines ont besoin d’un discours direct.
D’autres ont besoin de plus de temps.

Comprendre le fonctionnement de l’autre permet d’adapter :

  • sa communication
  • son positionnement
  • son niveau d’exigence
  • sa manière de donner du feedback

Cela réduit les incompréhensions, les tensions et les risques psychosociaux.

Cela permet aussi de mieux accompagner un dirigeant avant un moment important.

Avant une prise de parole, un entretien difficile ou une décision stratégique, il est possible d’utiliser de petits exercices simples et discrets pour remettre la personne dans son mode de fonctionnement optimal :

  • respirer différemment
  • mobiliser certaines zones du corps
  • retrouver du rythme
  • réactiver ses points d’appui

Quelques minutes suffisent parfois pour retrouver de la clarté, de la disponibilité et de la confiance.

Une réponse à la sédentarité mentale®

Chez Cinésis, nous avons également développé le concept de sédentarité mentale®.

Il désigne cette tendance à fonctionner toujours de la même manière, en pilotage automatique, sans adaptation.

Or ce n’est pas seulement le manque de mouvement physique qui use les individus.

C’est aussi le manque de variété dans leur manière de penser, d’agir et de décider.

L’Intelligence motrice et décisionnelle® permet précisément de lutter contre cette inertie.

Elle redonne de la souplesse.
Elle remet du mouvement dans la réflexion.
Elle permet à chacun de retrouver une manière de fonctionner plus cohérente avec lui-même.

Une autre façon de penser la prévention

Depuis plus de 19 ans en entreprise, j’observe que les meilleures démarches de prévention ne sont jamais celles qui imposent davantage de règles.

Ce sont celles qui comprennent mieux les individus.

L’Institut National de Recherche et de Sécurité souligne que les TMS sont liés autant aux postures répétitives et aux contraintes physiques qu’au stress, à l’organisation du travail et au vécu de la personne.

Nous ne pouvons donc plus séparer le corps du cerveau.

Nous devons construire des environnements capables de s’adapter aux individus, et non l’inverse.

C’est cela que nous cherchons à faire avec l’Intelligence motrice et décisionnelle® : permettre à chaque personne de fonctionner de la manière la plus juste pour elle.

Parce qu’au fond, la performance durable ne consiste pas à devenir quelqu’un d’autre.

Elle consiste à devenir pleinement soi-même.

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