RPS et TMS : et si la clé se trouvait dans les préférences motrices et cognitives ?

Classé dans la catégorie : Risques pour l'Homme au travail

Vers une ergonomie globale intégrant fonctionnement humain, biomécanique et organisation du travail.

Une limite persistante dans les démarches de prévention

Dans les entreprises, les troubles musculosquelettiques (TMS) et les risques psychosociaux (RPS) continuent, dans la majorité des cas, d’être abordés de manière dissociée.
D’un côté, les approches ergonomiques se concentrent sur les gestes, les postures et les contraintes mécaniques.
De l’autre, les démarches liées aux RPS explorent le stress, la charge mentale ou l’organisation du travail.

Cette séparation, bien qu’opérationnelle, ne reflète que partiellement la réalité du fonctionnement humain.
Car en pratique, le corps et le psychisme fonctionnent en interaction permanente.

Le stress entraîne des modifications physiologiques immédiates :

  • respiration plus rapide et superficielle
  • augmentation du tonus musculaire
  • altération de la coordination
  • dégradation de la qualité du geste

Inversement, une contrainte physique mal adaptée génère :

  • fatigue
  • surcharge cognitive
  • tension psychique

Ainsi, le corps et le mental ne peuvent être dissociés.

Le facteur déterminant : le fonctionnement individuel

Face à une même situation, les réactions diffèrent fortement : certains individus restent fluides et efficaces alors que d’autres se crispent, compensent et accumulent de la fatigue.
Cette variabilité repose sur un élément central : les préférences motrices et cognitives.

Elles déterminent la manière dont un individu :

  • perçoit son environnement
  • organise son mouvement
  • traite l’information
  • régule son niveau d’activation

Ces préférences influencent directement sa capacité d’adaptation aux contraintes professionnelles.

Des fondements scientifiques : de Carl Gustav Jung à la biomécanique

Les bases de cette approche trouvent leur origine dans les travaux de Carl Gustav Jung, qui met en évidence des différences fondamentales dans les modes de perception et de décision.
Ces travaux ont ensuite nourri des approches modernes à la croisée :

  • des neurosciences
  • de la biomécanique
  • des sciences du mouvement

Ainsi, toutes convergent vers une même idée : le fonctionnement humain est à la fois global, individualisé et systémique.

Le corps comme système : le rôle des chaînes musculaires

Le mouvement humain repose sur l’organisation de chaînes musculaires interconnectées (les chaînes musculaires Godelieve Denys-Struyf).

Ces chaînes permettent :

  • la coordination globale
  • la transmission des forces
  • l’efficacité du geste

Un déséquilibre entraîne :

  • compensations
  • surcharges mécaniques
  • perte d’efficacité
  • douleurs

Ainsi, le corps fonctionne comme un système intégré, et non comme une somme de muscles isolés.

Action Types : une lecture intégrée du fonctionnement humain

La méthode Action Types, développée par Ralph Hippolyte et Bertrand Theraulaz, propose une approche globale et opérationnelle du fonctionnement humain.
Elle repose sur un principe central : les dimensions motrices, cognitives et émotionnelles sont indissociables et organisées de manière spécifique chez chaque individu.

Une organisation neuro-motrice propre à chacun

Chaque individu possède une organisation neuro-motrice dominante qui influence sa manière de :

  • bouger
  • percevoir
  • décider
  • gérer le stress

Ces préférences sont naturelles, souvent inconscientes, et constituent un socle stable du fonctionnement.
Ainsi, on peut s’adapter, mais toujours à partir de cette base.

Des indicateurs concrets et observables

L’un des apports majeurs d’Action Types est de rendre ce fonctionnement observable.
Il s’appuie sur :

  • la posture spontanée
  • la coordination
  • les rythmes de mouvement
  • les stratégies motrices en situation

Le corps devient alors un outil de lecture du fonctionnement global.

Une interaction entre cognition et motricité

La manière de penser est directement liée à la manière de bouger. Certains profils ont besoin de mouvement pour structurer leur réflexion, d’autres recherchent la stabilité pour se concentrer.
Certains anticipent, d’autres s’adaptent en temps réel.
Ainsi, le geste et la pensée sont les expressions d’un même système.

Une influence directe sur la gestion du stress

Face au stress, les réponses varient selon les profils :

  • montée en activation
  • inhibition
  • besoin de stimulation
  • besoin de relâchement

Il n’existe donc pas une seule bonne stratégie : une technique efficace pour l’un peut être inefficace pour un autre. C’est ici que l’individualisation devient essentielle.

De l’identification à l’adaptation

L’intérêt de cette approche est opérationnel.
Elle permet d’ajuster concrètement :

  • les gestes
  • les postures
  • les stratégies de récupération
  • les techniques de gestion du stress
  • l’organisation du travail

Ainsi, on n’adapte plus l’individu au poste, mais le poste à l’individu.

Une approche issue du sport de haut niveau

Développée dans le sport de haut niveau, cette approche répond à des enjeux précis :

  • performance
  • précision
  • prévention des blessures

Elle a été utilisée dans de nombreuses disciplines :

  • kayak
  • tennis
  • golf
  • sports collectifs

Exemples concrets : du haut niveau à la réalité terrain

Dans des disciplines comme le canoë-kayak, l’individualisation est essentielle.
Des environnements ayant accompagné Tony Estanguet ou Emilie Fer, avec Sylvain Curinier, ont intégré ces logiques d’adaptation fine dans le contenu même des entraînements et dans la stratégie globale de coaching.
Dans mon expérience, j’ai également appliqué ces principes auprès d’athlètes comme Maxime Beaumont, vice-champion olympique lors de l’olympiade de Tokyo où j’étais membre du staff de l’équipe de France de kayak.
L’objectif est de révéler le fonctionnement naturel pour optimiser l’efficacité et réduire les contraintes.

Ce que montre le sport de haut niveau

Standardiser entraîne une perte d’efficacité et de performance.
À l’inverse, individualiser permet une performance durable, sans blessures physiques ou mentales.
Ainsi, le bon geste dépend de l’individu.

Un impact direct sur les TMS et les RPS

Sur le plan physique :
compensations → surcharges → TMS

Sur le plan mental :
adaptation constante → fatigue cognitive → stress → RPS

Un même mécanisme, deux conséquences

Le décalage entre fonctionnement naturel et environnement génère :

  • des troubles physiques
  • des tensions psychiques

Au-delà du geste : une organisation globale du travail

Ces préférences influencent également :

  • la communication
  • la prise de décision
  • le travail en équipe

Créer de la cohérence dans un collectif

Cette approche permet :

  • une meilleure compréhension des profils
  • une communication plus fluide
  • des interactions plus efficaces

Il est donc essentiel que chacun comprenne son fonctionnement et celui des autres.

Vers une ergonomie nouvelle génération

On ne parle plus d’ergonomie du poste, mais d’une ergonomie du fonctionnement humain.

Une réponse concrète aux enjeux des entreprises

Chez Cinésis Solutions Prévention Santé, cette approche est intégrée dans une formation spécifique combinant :

  • préférences motrices et cognitives
  • ergonomie
  • biomécanique
  • gestion du stress

Elle permet ainsi d’apporter une réponse globale aux RPS et aux TMS, avec davantage d’efficacité.

Une approche unique

Elle permet :

  • une meilleure connaissance de soi
  • une adaptation des gestes
  • une optimisation individuelle et collective

Il s’agit d’une approche encore peu développée en entreprise, mais à fort potentiel.

Conclusion

Les entreprises font aujourd’hui face à une double réalité : la progression des troubles musculosquelettiques (TMS) et celle des risques psychosociaux (RPS), dans un contexte de performance toujours plus exigeant.

Pourtant, les approches restent encore largement cloisonnées, traitant séparément le corps et le mental, et souvent les conséquences plutôt que les mécanismes.

Or, le fonctionnement humain est global. Le geste, la posture, la cognition et la gestion du stress sont profondément interconnectés.

Dans ce contexte, les préférences motrices et cognitives offrent une lecture nouvelle. Elles structurent la manière dont chacun perçoit, agit et s’adapte à son environnement. Lorsqu’elles sont respectées, elles favorisent l’efficacité et l’équilibre. Lorsqu’elles sont ignorées, elles génèrent compensations, fatigue et déséquilibres, à l’origine des TMS comme des RPS.

Ainsi, ce n’est pas seulement le poste qui doit être interrogé, mais bien l’adéquation entre l’individu et son environnement de travail.

C’est dans cette logique que s’inscrit l’approche développée au sein de Cinésis Solutions Prévention Santé, qui propose une formation intégrant préférences motrices et cognitives, biomécanique, ergonomie et gestion du stress.

L’objectif est de permettre aux entreprises de passer d’une logique de correction à une logique d’adaptation, en donnant aux salariés des outils concrets, directement applicables au quotidien.

Il s’agit d’une approche globale, individualisée et opérationnelle, au service de la santé et de la performance durable.

Optimiser un geste sans comprendre l’individu, c’est corriger une conséquence sans traiter la cause.

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